Mardi 10 avril, la Commission des Sondages et la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale (CNCCEP) ont publié un communiqué pour rappeler que la diffusion d’estimations de vote ou de sondages est strictement interdite en France la veille et le jour du scrutin avant 20 heures, quel que soit le mode de communication.
Alors que la Commission des sondages a annoncé qu’elle présentera un dispositif inédit vendredi 20 avril pour « protéger le dernier électeur qui va voter » en réponse à ceux qui ont l’intention d’enfreindre la loi, LH2 en partenariat avec Yahoo! a souhaité connaître l’opinion des Français sur cette loi, ainsi que leur intention éventuelle de se renseigner avant la fermeture des derniers bureaux de vote ce dimanche lors du 1er tour de l’élection présidentielle.
Malgré une forte polémique autour de cette loi, la grande majorité des Français semble être favorable à celle-ci. Les deux tiers des Français (66%) considèrent que cette loi est une bonne chose et car « il ne faut pas influencer le choix de vote des citoyens ». Seul un quart des Français (25%) juge cette loi de façon négative et estime que qu’elle « va à l’encontre de la liberté d’expression dechacun ». Il semble que, sur ce sujet, les Français aient plus tendance à souhaiter que la loi soit respectée et donc que le caractère illégal d’une telle diffusion ne soit pas remis en cause.
Dans le détail, on remarque que le sexe et l’âge ne sont pas des facteurs explicatifs du soutien ou non à cette loi. Par contre, le niveau socio-professionnel et le niveau de revenus apparaissent plus clivants. Effectivement, les catégories socioprofessionnelles supérieures et les personnes ayant un niveau de revenus de plus de 3 000 euros sont plus nombreuses àdéfendre cette règle (72% pour chacune des sous-populations).
D’autre part, les sympathisants de la gauche semblent un peu plus s’opposer à cette loi : 30% de ceux-ci considèrent qu’il s’agit d’une mauvaise chose et défendent la liberté d’expression (vs 20% pour les sympathisants de la droite).
La volonté de s’informer avant la fermeture des derniers bureaux de vote semble être un phénomène plutôt parisien : cela concerne 31% des habitants de la région parisienne et seulement 18% des habitants de province. Cela est également plus le fait des personnes ayant des revenus supérieurs à 3 000 euros (26% d’intentions de se renseigner). Assez logiquement les jeunes âgés de 18 à 24 ans souhaitent plus consulter les réseaux sociaux que la moyenne des Français (19% vs 12%).
Si les sympathisants de la gauche sont moins hostiles à la publication de résultats avant 20 heures que les sympathisants de la droite, ils sont également légèrement plus nombreux à vouloir se renseigner avant les résultats officiels (25% vs 19%), et en particulier via les réseaux sociaux (17% pour les proches de la gauche vs 12% pour les proches de la droite).
Notons que 15% des personnes qui considèrent que cette règle est une bonne chose ont tout de même l’intention de se renseigner avant 20 heures ce dimanche, les actes n’allant pas forcément dans le même sens que les convictions.
Malgré l’importance et l’instantanéité d’Internet et des réseaux sociaux dans le paysage médiatique, aux yeux de la majorité des Français, la loi d’interdiction de publication de résultats chiffrés avant 20 heures le jour des scrutins présidentiels ne semble pas obsolète. D’ailleurs seuls 20% des Français ont l’intention de se renseigner avant la diffusion des résultats officiels ce dimanche.
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Note : sondage réalisé les 17 et 18 avril 2012 sur un échantillon de 956 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.




