La banque britannique a écopé mercredi d'amendes record pour avoir tenté de manipuler des taux d'intérêt de référence.
Après les rémunérations jugées exorbitantes, un scandale autour des pratiques de la banque britannique Barclays alimente la polémique sur les dérives du secteur financier, déjà en butte à des critiques virulentes.
Barclays a écopé mercredi d’amendes record des deux côtés de l’Atlantique pour avoir tenté de manipuler des taux d’intérêt de référence, le Libor et l’Euribor, qui définissent le prix auquel les banques se prêtent de l’argent, mais aussi indirectement ceux des crédits aux ménages et aux entreprises. Le Premier ministre David Cameron a évoqué «des questions graves» auxquelles la direction de la banque devrait répondre.
Le ministre des Finances George Osborne a dénoncé pour sa part «des preuves de cupidité» et «l’irresponsabilité» des acteurs de l’affaire, et en déplorant «la culture de banques comme Barclays dans la période d’avant la crise».
Il a annoncé que le gouvernement allait examiner la possibilité d’infliger des sanctions criminelles aux banques dans ce type d’affaire. De telles sanctions ont aussi été réclamées par le leader du parti travailliste d’opposition, Ed Miliband.
«Le temps des remords révolu»
La presse, où l’affaire s'étalait en Une, n’a pas été plus conciliante. Le tabloïd Daily Mail a insisté sur la manière dont «les courtiers avides de bonus se sont promis des bouteilles de champagne pour truquer les chiffres qui affectent des millions de propriétaires et de petites entreprises». Et le Times a souligné que «les emplois des chefs de Barclays sont en jeu», relayant des appels à la démission du patron controversé de la banque, Bob Diamond.
Le très riche américain, surnommé «le banquier aux 100 millions de livres», est considéré au Royaume-Uni comme le symbole des dérives de la finance. Il a alimenté les polémiques en affirmant l’an dernier que «le temps des remords pour les banquiers est révolu», ou en obtenant des (...)
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