«Je suis né dans une famille où on ne faisait pas beaucoup d’humour. J’avais une énorme envie de rire, j’aurais pu en acheter, me droguer au rire. Je ne riais pas selon mon âge. Mon père était très sérieux, il travaillait dans la banque et il aurait voulu que son fils fasse le métier qu’il avait voulu faire : ingénieur agronome. Ça l’a certainement déçu que je devienne dessinateur mais, à la longue, on m’a laissé faire.» André Franquin est mort dimanche à 73 ans dans le sud de la France. Il était né à Bruxelles en 1924. Son nom reste attaché à Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe et le Marsupilami, Zorglub et le comte de Champignac, Modeste et Pompon. Il ne les avait pas tous créés, puisqu’il avait repris Spirou en marche en 1946 (il est l’auteur des dix-neuf premiers albums du groom), mais tous étaient frappés de sa marque.
Le dessinateur faisait l’admiration de tous, Charlie-Hebdo comme le
Nouvel Observateur avaient souhaité qu’il travaille pour eux, et Hergé dit de lui : «C’est un grand artiste à côté duquel je ne suis qu’un piètre dessinateur.» Mais celui dont l’œuvre pour les enfants montrait l’immense fantaisie était en fait un pessimiste forcené, comme l’attestent ses Idées noires et plusieurs dépressions. Franquin, le mois dernier, décrivait ainsi dans Libération un séjour à l’hôpital (il était également cardiaque). «Un jour, le kiné m’a apporté une cassette de relaxation pour m’aider à m’endormir. Il l’avait enregistrée lui-même, mais, pendant qu’il le faisait, il y avait des travaux à la clinique. De sorte que la seule chose que j’entendais sur la cassette, c’était le "tac tac tac" des ouvriers.»
Après avoir repris Spirou en 1946, Franquin va y adjoindre des personnages secondaires qui prendront une importance croissante : Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac puis, surtout, le Marsupilami, dont la queue suffit à détruire n’importe quel colosse à n’importe quelle distance. Sa première apparition publique date de 1953, même (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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