Aphorisme, subs. masc. Proposition résumant à l'aide de mots peu nombreux, mais significatifs et faciles à mémoriser, l'essentiel d'une théorie, d'une doctrine, d'une question scientifique.
«Il vaut mieux le défaut de ses excès que l'excès inverse.» Mystérieuse formule étrennée par Nicolas Sarkozy lors de ses vœux à la presse, le 31 janvier. Pour tenter de comprendre cet aphorisme, il va falloir le replacer dans son contexte et faire un effort violent.
Mais d'abord, soulignons que rarement président de la République aura autant maltraité la langue française. Au point qu'en cinq ans, les entreprises de la filière électronique ont été incapables de mettre au point le moindre appareil capable de décoder le sarkozien, preuve supplémentaire du délitement de l'industrie française, et de la complexité de cette langue à la syntaxe constamment surprenante.
Le contexte donc. C'était probablement la dernière fois que Nicolas Sarkozy présentait ses vœux à la presse. L'occasion était bonne pour régler quelques comptes. Durant presque toute sa conférence à l'Elysée, le locataire en fin de bail a fait dans l'ironie mordante, disant en substance aux journalistes qu'ils allaient tous crever. Lui ne serait peut-être pas réélu, mais la presse, elle, est foutue de chez foutu. «Vous verrez les réseaux sociaux s'emparer de la sphère politique, chacun devient un média à part entière. Vous n'avez plus le monopole de l'information, vous n'avez plus le monopole des médias.» Le constat n'est sans doute pas faux, mais, énoncé dans ces circonstances, cela ressemblait à un coup de pied de l'âne.
Sarkozy continua : «C'est un bonheur de voir dans ce pays sortir pratiquement autant de livres hostiles au Président que de premiers romans.» Le chiffre est un peu exagéré, mais qu'importe: l'intéressé veut voir dans cette douteuse graphomanie une «preuve de la vitalité de la démocratie. Il (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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