Le président de la Commission italienne des grands risques a démissionné mardi 23 octobre de son poste pour protester contre la condamnation lundi à six ans de prison de ses collègues accusés d'avoir sous-estimé les risques avant le séisme meurtrier de L'Aquila en 2009.
"Je ne vois pas les conditions pour travailler avec sérénité", a déclaré le physicien Luciano Mainai à l'agence de presse italienne Ansa.
Le tribunal de L'Aquila a condamné lundi sept membres de la Commission des grands risques, qui siégeait en 2009, à six ans de prison pour "homicide par imprudence", alourdissant la peine de quatre ans de prison requise par le parquet.
Leurs défenseurs avaient plaidé l'acquittement, arguant notamment du fait qu'il est impossible de prévoir un tremblement de terre.
"Un précédent très dangereux"
Luciano Maiani, un physicien de renom -il a été notamment directeur-général du CERN à Genève de 1999 à 2003- a affirmé que d'autres responsables de la Commission s'apprêtaient également à démissionner, notamment le vice-président Mauro Rosi ainsi que le président d'honneur Giuseppe Zamberletti.
Luciano Maiani a précisé qu'il se trouvait dans "l'impossibilité" de travailler avec sérénité et de soumettre un avis hautement spécialisé à l'Etat, dans des conditions aussi "complexes", a ajouté l'agence. La condamnation des membres de la Commission grands risques a semé l'émoi dans la communauté scientifique, aussi bien en Italie qu'à l'étranger.
Plusieurs scientifiques européens, interrogés par l'AFP, se sont dit "choqués" par la condamnation infligée à leurs collègues italiens, (...)
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