PARIS (Reuters) - Des milliers de personnes ont manifesté mardi en France à l'appel de six syndicats, demandant que le social ne soit pas sacrifié sur l'autel de la crise financière, mais les cortèges n'ont pas fait le plein.
Peu d'organisations ayant appelé à la grève, les perturbations ont été minimes dans les transports mais un peu plus marquées dans l'Education nationale, où a été testé pour la première fois le service minimum à l'école.
Des syndicalistes, comme Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, ont reconnu que la mobilisation n'était pas "à la hauteur de ce qu'elle devrait être".
"La dramatisation de la crise rend plus difficile la mobilisation", a-t-il avancé.
Les syndicats CFDT, CGT, CFE-CGC, FSU, Solidaires et UNSA ont saisi l'occasion de la journée mondiale pour le "travail décent" pour rappeler leurs revendications sur le pouvoir d'achat, les salaires ou la durée du travail.
Décidée de longue date, cette mobilisation a pris une tonalité particulière avec la crise financière internationale et, en France, la forte hausse du chômage en août.
Pour François Chérèque, dirigeant de la CFDT, cette journée est d'autant plus nécessaire qu'une "crise sociale" se profile derrière la tourmente financière.
La plupart des organisations, tout en saluant comme la CFDT les efforts de Nicolas Sarkozy pour parvenir à une réponse européenne coordonnée à la crise financière, dénoncent sa politique économique depuis son arrivée à l'Elysée.
Cette journée organisée par la Confédération syndicale internationale devait être suivie dans 500 villes du monde et 87 en France, où Force ouvrière et la CFDT n'ont cependant pas suivi le mot d'ordre.
GRÈVES PEU SUIVIES
A Paris, plusieurs milliers de personnes - 5 à 6.000 selon une première estimation policière, 13.000 d'après les syndicats - ont défilé du métro Alma-Marceau à la place du Trocadéro où se tenait un meeting en présence de syndicalistes européens.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que le seul fait, pour les organisations, d'avoir réussi à coordonner cette journée sur l'ensemble des continents, avec un grand rassemblement à Paris, était "un événement en soi."
A Marseille, 20.000 personnes, selon les organisateurs, et 2.900 d'après la police, sont descendues dans la rue.
A Bordeaux, 2.000 personnes selon la police, 4.000 selon les organisateurs, ont manifesté. "Suppressions d'emplois: stop !", "Public-privé, ensemble refusons la régression sociale" pouvait-on lire sur une banderole.
La mobilisation était assez faible, également, à Lyon où 4.600 personnes selon les syndicats, et 2.600 selon la police ont défilé pendant une heure entre le palais de la bourse et la bourse des valeurs.
Même situation à Toulouse, ou près de 3.000 personnes selon la police, plus de 4.000 selon les organisateurs, ont défilé dans les rues de la ville.
Les appels à la grève, lancés pour la plupart par la CGT et Sud, ont été peu suivis.
Selon la direction de la SNCF, aucune perturbation n'était signalée au niveau national et "seulement quelques retards au niveau régional", notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon, Aquitaine et Centre.
La compagnie Air France n'a pas signalé de perturbations non plus en dépit d'un préavis de grève dans le contrôle aérien. Dans le secteur de l'énergie, EDF a dénombré 5,2% de grévistes.
Dans la fonction publique, la participation à la grève était de 3,3% contre 4% en juin dernier, selon le ministère.
Dans l'Education nationale, le ministère a fait état à la mi-journée de 5,37% de grévistes, 4,96% dans le premier degré et 6,04% dans le second degré.
La journée d'action des enseignants "est un flop mais je n'en tire aucune conclusion", a commenté le ministre de l'Education, Xavier Darcos.
Dans le primaire, le SNUipp avait appelé à la grève dans une trentaine de départements et affirme que les taux de grévistes variaient de 10% à 55%. Dans le second degré, près d'un enseignant sur trois était en grève, selon le Snes.
Service France et Gwénaëlle Barzic, édité par Yves Clarisse
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