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Morgan Tsvangirai pour l'envoi d'une force militaire au Zimbabwe

Par Ralph Gowling Reuters - Mercredi 25 juin, 07h03

LONDRES (Reuters) - L'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai appelle les Nations unies à isoler le président Robert Mugabe et estime que l'envoi d'une force de maintien de la paix au Zimbabwe est une nécessité.

"Nous demandons à l'Onu d'aller plus loin que sa récente résolution, qui a condamné la violence au Zimbabwe, pour incorporer un isolement actif du dictateur Mugabe", écrit Tsvangirai dans un article publié à Londres par le Guardian.

"Pour ce faire, nous avons besoin d'une force qui protège le peuple. Nous ne voulons pas d'un conflit armé, mais il faut pour le peuple du Zimbabwe que les paroles d'indignation des dirigeants de la planète soient soutenues par la droiture d'une force militaire", poursuit-il.

"Une telle force serait dans un rôle de maintien de la paix, pas de fauteur de troubles. Elle pourrait séparer le peuple de ses oppresseurs et déployer un bouclier protecteur autour du processus démocratique auquel aspire le Zimbabwe."

Arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle, le 29 mars, Morgan Tsvangirai a préféré se retirer du second tour, programmé ce vendredi, pour protéger ses électeurs.

Sa décision a accentué les pressions internationales sur le régime de Robert Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance, en 1980.

A l'Onu, le Conseil de sécurité a condamné à l'unanimité et pour la première fois les violences faites à l'opposition et déclaré lundi soir que la tenue d'un second tour libre et équitable était impossible.

Mais Mugabe a refusé de céder. "L'Occident peut crier tant qu'il veut, l'élection aura lieu", a dit le président, âgé de 84 ans, lors d'un rassemblement mardi dans l'ouest du pays.

SOMMET D'URGENCE DE LA SADC

Selon Tsvangirai, qui s'est réfugié dimanche dans l'ambassade des Pays-Bas à Harare, le Zimbabwe risque de se "disloquer" si le monde extérieur ne vient pas à son aide.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade et Jacob Zuma, chef de file de l'ANC, au pouvoir en Afrique du Sud, ont tous deux exhorté Mugabe à reporter le scrutin.

Les Etats-Unis ont demandé pour leur part à la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), principale organisation régionale, de déclarer le scrutin de vendredi et le gouvernement de Mugabe comme étant illégitimes.

Selon l'agence angolaise de presse ANGOP, les ministres des Affaires étrangères de la SADC sont convenus lundi qu'un "climat d'extrême violence" prévalait au Zimbabwe et que le gouvernement devait protéger son peuple.

La SADC tiendra un sommet d'urgence consacré à la crise ce mercredi à Mbabane, la capitale du Swaziland, ont confirmé des sources tanzaniennes autorisées.

Version française Henri-Pierre André

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