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Record historique de 64.250 détenus dans les prisons en France

Reuters - Mardi 22 juillet, 14h44

PARIS (Reuters) - Le nombre de personnes dans les prisons françaises a atteint un nouveau record historique de 64.250 détenus au 1er juillet pour environ 50.000 places, en hausse de 0,6% par rapport au mois précédent, annonce l'administration pénitentiaire dans un communiqué.

Ce chiffre est susceptible d'alimenter les inquiétudes des syndicats de l'administration pénitentiaire et des organisations de défense des droits de l'homme, qui ont déclaré de longue date que la situation risquait de déboucher sur une crise grave.

Sur les 64.250 personnes détenues dans les 193 établissements pénitentiaires français, 17.495 sont en attente de jugement et 50.656 condamnées.

Les mineurs détenus sont 793 au lieu de 825 au 1er juillet 2007, souligne l'administration pénitentiaire.

Elle insiste aussi sur le fait que 6.236 personnes condamnées, soit 12,3% du total, bénéficient d'un aménagement de peine, telle qu'une semi-liberté, un chiffre en progression de 25% depuis 2007 et qui a presque doublé en trois ans.

Parmi ces aménagements, 1.901 personnes bénéficient d'une semi-liberté (prison la nuit et travail à l'extérieur le jour), 894 d'un placement à l'extérieur et 3.441 d'un placement sous bracelet électronique.

Ces aménagements de peine sont favorisés par l'actuelle ministre de la Justice Rachida Dati, son ministère y voyant un moyen pour remplacer la "soupape" de décompression que constituaient jusqu'en 2007 les grâces collectives présidentielles du 14 juillet, abandonnées par Nicolas Sarkozy.

Les syndicats pénitentiaires se sont mis en grève le 12 juin pour alerter l'opinion sur la situation et demander des moyens supplémentaires après des mesures de l'administration allongeant les horaires des parloirs pour les familles, augmentant la durée des promenades et développant les activités sportives.

Ils soulignent avec les organisations de défense des droits de l'homme que les prisonniers sont désormais à quatre par cellule dans certaines maisons d'arrêt, ce qui amènent les directions à faire dormir des détenus au sol sur des matelas.

Un projet de loi visant à désengorger les prisons, qui doit être débattu à l'automne au Parlement, est jugé insuffisant par l'opposition et les acteurs du monde pénitentiaire.

Les syndicats jugent ce texte paradoxal dans la mesure ù d'autres lois notamment celles sur les "peines-plancher" pour les récidivistes continuent de faire augmenter mécaniquement la population carcérale.

Le projet, qui devrait être voté à l'automne, encadre fortement, en le soumettant à des conditions, le droit à une cellule individuelle, réaffirmé dans une loi en 2000 mais jamais mis en oeuvre faute de places. Cette mise en oeuvre désormais conditionnelle est en outre différée de cinq ans.

Thierry Lévêque

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