BAGDAD (Reuters) - La trêve conclue la veille entre le gouvernement irakien et le mouvement de l'imam radical chiite Moktada Sadr était généralement respectée ce dimanche à Bagdad en dépit d'incidents sporadiques entre miliciens et militaires américains.
Les habitants de l'immense bidonville chiite de Sadr City, bastion de l'Armée du Mahdi de Sadr, n'ont fait état d'aucun combat durant la nuit contrairement à toutes les précédentes, mais ont signalé quelques échanges de tirs dimanche dans la matinée.
Des centaines de personnes ont été tuées au cours des sept dernière semaines de violences à Sadr City et, dans les 24 heures précédant la conclusion de la trêve de samedi, les combats y avaient encore fait 19 morts et 116 blessés.
L'armée américaine en Irak, commentant pour la première fois l'annonce de la trêve entre le gouvernement de Nouri al Maliki et le mouvement sadriste, à laquelle elle n'est pas partie prenante, a salué les efforts menés pour mettre fin à la violence.
"Comme nous l'avons toujours dit, nous appuyons toutes les solutions politiques, à Sadr City comme ailleurs en Irak", a dit le colonel Jerry O'Hara, l'un des porte-parole de l'US Army à Bagdad.
Mais un autre porte-parole militaire américain, Steven Stover, a déclaré: "Cet accord ne change pas vraiment les choses pour nous. Si quelqu'un tire au mortier, lance une roquette ou pose une mine, nous allons le tuer."
Stover a déclaré que les forces américaines avaient ainsi abattu un homme qui les avait attaquées dimanche matin.
PAS DE DISSOLUTION DE L'ARMÉE DU MAHDI
L'accord conclu entre le groupe parlementaire sadriste et l'Alliance irakienne unifiée, la coalition chiite au pouvoir, prévoit une pause de quatre jours dans les activités militaires irakiennes.
Au terme de cette période où les miliciens sadristes seront censés avoir quitté leur positions et déminé les artères de Sadr City, les forces de sécurité pénétreront dans le quartier pour distribuer une aide humanitaire d'urgence aux habitants pris au piège par les combats.
Les agences humanitaires se sont félicitées de cet arrangement mais ont prévenu que l'immense quartier chiite ne se remettrait pas du jour au lendemain des derniers combats.
Ali al Adib, membre du parti islamiste Daoua du Premier ministre Nouri al Maliki, a déclaré samedi à Reuters que le pacte prévoyait que les miliciens sadristes déposent les armes et cessent de tirer des roquettes et des obus de mortier sur la "zone verte" du centre-ville où sont regroupés ambassades et bâtiments publics.
Il a précisé qu'il n'avait pas été question de la dissolution de l'Armée du Mahdi, que Maliki avait dans un premier temps exigée, faute quoi il menaçait d'empêcher le mouvement sadriste de se présenter aux élections régionales clés d'octobre prochain.
Sadr a contribué à l'arrivée au pouvoir de Maliki en 2006 mais a rompu avec le Premier ministre il y a un an à la suite du refus de ce dernier de fixer un calendrier de retrait des forces américaines.
Version française Marc Delteil et Guy Kerivel

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