LONDRES (Reuters) - La prise de contrôle de Beyrouth-Ouest, à majorité musulmane, par le Hezbollah, groupe soutenu par l'Iran et la Syrie, a suscité vendredi l'inquiétude tant dans le monde arabe qu'en Occident, et le gouvernement libanais a dénoncé un "putsch armé".
Le gouvernement américain a réaffirmé vendredi son "engagement et (son) soutien indéfectibles" envers le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora.
L'Egypte et l'Arabie saoudite, principal soutien du gouvernement à dominante sunnite du Liban, ont réclamé une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères.
"La réunion devrait se tenir dans les deux prochains jours", a déclaré un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères cité par l'agence Mena.
L'impasse entre l'opposition, emmenée par le Hezbollah, et le gouvernement anti-syrien de Siniora, soutenu par Washington et ses voisins arabes, paralyse le pays, dépourvu de président depuis novembre dernier.
La Maison blanche s'est déclarée "très préoccupée" par l'initiative du Hezbollah et elle a demandé à l'Iran et à la Syrie de lui retirer leur soutien.
L'Union européenne, l'Allemagne et la France ont lancé un appel au calme et à un règlement pacifique.
Le nouveau ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, s'est entretenu par téléphone avec Siniora, avec le président du Parlement libanais Nabih Berri et avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
Un communiqué du ministère italien des Affaires étrangères indique qu'il a dit à Moussa que les membres de la Ligue arabe devraient surmonter leurs divergences et convoquer une réunion.
ROLE DE L'UNION EUROPEENNE?
Il a aussi discuté avec ses homologues français et allemand d'un possible rôle de l'Union européenne pour aider le Liban.
Les autorités françaises et italiennes ont dit surveiller de près la situation et préparer une éventuelle évacuation de leurs ressortissants du Liban, tout en l'excluant dans l'immédiat.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice va téléphoner aux dirigeants du Proche-Orient pour discuter de la crise, a déclaré Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat en réitérant le soutien de Washington au gouvernement Siniora.
Il a ajouté qu'il n'était "au courant d'aucun projet" de déploiement de forces américaines dans la région.
Le gouvernement Siniora a dénoncé "un coup d'Etat armé" visant à faire revenir la Syrie au pays du Cèdre et à servir les intérêts de l'Iran.
"Le coup d'Etat armé et sanglant qui est mis en oeuvre a pour but de faire revenir la Syrie au Liban et d'étendre l'influence de l'Iran jusqu'aux rivages de la Méditerranée", a déclaré la coalition dans un texte lu par le dirigeant chrétien Samir Geagea.
La Syrie a affirmé qu'il s'agissait d'une affaire intérieure libanaise tandis que l'Iran imputait les violences à des "ingérence aventuristes" des Etats-Unis et d'Israël.
Le président israélien Shimon Peres a accusé le Hezbollah de conduire le Liban "au bord de la guerre civile".
"Cela n'a rien à voir avec Israël. C'est une fracture interne. C'est une tragédie pour eux. C'est une tragédie pour nous tous", a ajouté Peres dont le pays a, il y a deux ans, livré une guerre au Hezbollah à la suite de la capture de deux soldats israéliens.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a annoncé que la France avait proposé d'aider les factions à se rencontrer pour des discussions.
Andrew Roche, version française Nicole Dupont

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