LONDRES (Reuters) - L'action du groupe d'énergie nucléaire British Energy a terminé en baisse de 1,96% à 697,9 pence vendredi à la Bourse de Londres, les espoirs d'une surenchère d'offres sur la part du capital mise en vente par l'Etat semblant s'amenuiser.
Alors que l'échéance pour le dépôt des offres préliminaires a expiré, seul EDF a soumis une offre, à un prix "sensiblement inférieur" à 700 pence par action, selon des sources proches du dossier. L'électricien français a déposé seul cette offre sans exclure de s'allier ultérieurement avec d'autres dans ce dossier, par exemple avec le britannique Centrica.
Iberdrola a décidé de ne pas déposer d'offre pour l'instant tout en se réservant la possibilité de le faire plus tard, ont dit d'autres sources, de même que l'allemand RWE, dont on attendait pourtant également une offre à moins de 700 pence.
RWE, déjà propriétaire de nPower au Royaume-Uni, voulait s'associer avec la compagnie publique suédoise Vattenfall
mais le gouvernement de Stockholm a barré la route à un tel partenariat.
Quant au britannique Centrica, seul acteur britannique du secteur de l'énergie encore en course, il n'améliorera pas son offre indicative intégralement payable en titres, inférieure à 700 pence, a dit vendredi une source du secteur.
Des porte-parole de British Energy et Centrica ont refusé de commenter ces informations.
A Paris, certains intervenants ont émis l'hypothèse qu'EDF se tourne plutôt vers une offre sur RWE.
L'ACTION EST TOMBEE SOUS 700 PENCE
Le gouvernement britannique a mis en vente les 35% détenus par l'Etat au capital du principal exploitant de centrales nucléaires du Royaume-Uni et il a fixé à ce vendredi la date limite pour le dépôt des offres préliminaires de rachat.
Jeudi, une source du secteur avait rapporté à Reuters qu'Iberdrola n'était intéressé que par un rôle d'actionnaire minoritaire dans un consortium, peut-être avec Centrica.
"Mon opinion personnelle, c'est que (les offres seront) plus proches du bas de la fourchette de 600 à 700 pence par action (...) La perspective d'une bataille d'offres s'éloigne car il y a désormais moins de candidats", a commenté Tina Cook, analyste de Charles Stanley.
La participation mise en vente par Londres est valorisée autour de 2,5 milliards de livres sterling (3,2 milliards d'euros).
British Energy a été privatisée en 1996 mais le gouvernement a dû voler à son secours en 2002 pour lui éviter un dépôt de bilan après une forte baisse des prix de l'électricité.
Les candidats à la reprise des parts de l'Etat peuvent espérer bénéficier du plan de relance de l'électricité nucléaire lancé par Londres l'an dernier.
Les offres devraient se situer entre 600 et 700 pence par action, valorisant le groupe à plus de 9,6 milliards de livres.
La journée de vendredi ne constitue qu'une étape du processus de cession, les candidats devant simplement présenter que les modalités de financement de leurs offres, ont expliqué dimanche à Reuters des sources proches du dossier.
Parallèlement, le Financial Times rapporte vendredi qu'EDF a acquis des terrains à proximité de deux sites nucléaires en Angleterre et au Pays de Galles.
Selon le quotidien, le groupe français, grâce aux terrains acquis, se trouve en position de construire de nouvelles centrales électriques sur le sol britannique même s'il n'est pas retenu à l'issue de l'appel d'offres sur British Energy.
John Bowker, version française Gilles Guillaume et Marc Angrand

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