LA VALETTE (Reuters) - A la veille de la Journée de l'Europe, François Fillon a poursuivi jeudi à Malte sa tournée des capitales européennes pour préparer la présidence française de l'Union européenne, à partir 1er juillet.
Pour la première étape de son séjour en Méditerranée qui le conduira aussi à Chypre, le Premier ministre français a appuyé l'idée d'un renforcement de la lutte contre l'immigration clandestine, qui constitue un problème majeur pour les autorités maltaises.
En 2007, quelque 1.700 clandestins sont arrivés dans l'île située au sud de la Sicile, qui compte seulement 400.000 habitants.
Fillon et son homologue maltais, Lawrence Gonzi, ont demandé une reprise des opérations "Nautilus" visant à empêcher l'immigration clandestine par la mer et supposant une collaboration des armées de plusieurs pays européens. La présidence française fera des propositions en ce sens, a dit François Fillon.
"La France souhaite avec Malte intensifier les contrôles en Méditerranée, comme la France souhaite d'une manière générale intensifier les contrôles aux frontières de l'Union européenne. C'est essentiel si nous voulons réguler les flux migratoires", a expliqué le Premier ministre lors d'une conférence de presse organisée dans un patio de l'Auberge de Castille, le "Matignon maltais".
A ses yeux, priorité doit être donnée au retour des clandestins dans leur pays.
"Comme Malte, nous pensons que la première des choses qui doit être faite, c'est la reconduction dans le pays d'origine de ces personnes, à chaque fois que c'est possible", a-t-il dit. "Quand c'est impossible pour des raisons politiques, juridiques ou parfois humanitaires, il faut trouver entre les pays européens une règle du jeu en matière de répartition de ces populations.
MALTE FAVORABLE À L'UNION POUR LA MÉDITERRANÉE
"La France est prête à prendre sa part de cet accueil, a-t-il poursuivi, "à condition que ce soit équitable".
La mise en place d'une politique d'immigration commune est l'une des priorités fixées par le président Nicolas Sarkozy pour la présidence française de l'UE.
Le Premier ministre maltais en a appelé pour sa part à l'entraide européenne.
"Nous voulons que l'Europe fasse preuve de solidarité en partageant avec Malte le poids représenté par le grand nombre de personnes qui y arrivent clandestinement. Malte seul ne peut pas résoudre le problème", a dit Lawrence Gonzi.
Le Premier ministre maltais a par ailleurs accepté l'invitation de François Fillon à venir le 13 juillet à Paris pour jeter les bases d'une Union pour la Méditerranée, à laquelle il s'est dit favorable.
Interrogé sur le référendum sur le traité de Lisbonne prévu le 12 juin en Irlande, François Fillon a demandé de "laisser le peuple irlandais se prononcer sereinement" et d'"éviter de mettre une pression excessive sur les Irlandais qui serait contre-productive".
Mercredi à Lille, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet avait dit son inquiétude en mettant en garde contre les conséquences d'un vote négatif, sachant qu'il n'y a "pas de plan B".
"S'il y avait par malheur un 'non' en Irlande, le processus s'arrêterait. Il n'y a pas de plan B, nous reviendrions au traité de Nice", avait-il déclaré.
Après une rencontre avec la communauté française à La Valette et un dîner avec son homologue maltais, François Fillon devait passer la nuit sur l'île.
Il est attendu vendredi à Chypre qui, comme Malte, est entrée dans l'UE il y a quatre ans et a intégré la zone euro le 1er janvier 2008.
Elizabeth Pineau

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