PARIS (Reuters) - Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner dit envisager de recourir aux Nations unies pour contourner le refus de la junte birmane de recevoir des équipes humanitaires étrangères afin d'aider la population après le passage du cyclone Nargis.
Il a dit lors d'une conférence de presse s'appuyer sur une clause dite de la "responsabilité de protection" acceptée en 2005 par l'Onu. Elle prévoit que les populations civiles peuvent être secourues en cas de défaillance de leurs gouvernements, même si cela implique une violation de souveraineté.
"Nous sommes en train de voir aux Nations unies si on ne peut pas se servir de cette responsabilité de protéger alors que la nourriture, les bateaux, les secours sont là, pour qu'il y ait une résolution des Nations unies qui autorise le passage, qu'il l'impose au gouvernement birman", a-t-il dit.
Selon le ministre, les Britanniques et les Français et les Indiens disposent de bateaux et d'hélicoptères en face de l'embouchure de la rivière Irawaddy, près de l'épicentre de la catastrophe, qui pourraient être sur place en quelques heures, mais les autorités birmanes ne les laissent pas intervenir.
Cette attitude de la junte est une "catastrophe dans la catastrophe", a-t-il estimé plus tôt dans la cour de l'Elysée, après le conseil des ministres.
"Nous espérons que les autorités birmanes vont comprendre. Les Nations unies appuient dans le même sens que nous. Il ne s'agit pas d'une invasion militaire: il s'agit d'apporter des secours tout simplement", a-t-il déclaré.
La France a annoncé lundi l'envoi d'une aide financière de 200.000 euros pour aider les victimes de Nargis. Bernard Kouchner précise que cette somme peut passer à un ou deux millions d'euros "si c'est nécessaire".
Selon un nouveau bilan, le cyclone a provoqué la mort de 22.500 morts et 41.000 disparus.
Laure Bretton et Thierry Lévêque

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