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Nicolas Sarkozy renoue le dialogue avec les députés de l'UMP

Par Laure Bretton et Emmanuel Jarry Reuters - Mercredi 7 mai, 18h19

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a renoué mercredi un dialogue distendu ces derniers mois avec les députés de l'UMP, qu'il a reçus à l'Elysée pour un déjeuner-débat.

La dernière rencontre entre le groupe UMP de l'Assemblée et le président de la République remontait à début octobre, date à laquelle sa cote de popularité a commencé à plonger.

Tout en se félicitant de ces retrouvailles, les députés ont reconnu à leur sortie qu'il restait des points "qui coincent", notamment sur la réforme des institutions, et prévenu qu'ils entendaient jouer tout leur rôle lors des débats à l'Assemblée.

Rythme des réformes, loi de modernisation de l'économie, contrat de travail, vie privée : pendant près de deux heures, les élus ont fait part à Nicolas Sarkozy de leurs "incertitudes" et lui ont dit ce qu'ils avaient sur le coeur, a rapporté le député de la Manche Philippe Gosselin.

Ils étaient 262 à avoir répondu à l'invitation. Mais tout le monde n'a pas pu prendre la parole tant il y avait de questions, a souligné son collègue Bernard Debré.

Le président a promis que l'exercice - un déjeuner à micro ouvert - serait désormais renouvelé plusieurs fois par an.

"Ce qu'on veut c'est rencontrer notre chef. C'est ce que veut la France. La France veut un vrai patron", a dit Claude Greff, députée d'Indre-et-Loire dans la cour de l'Elysée.

"Ce qui nous manque, c'est lui ! Comme quand il venait à nos réunions de groupe", a renchéri Lionnel Luca, qui s'est dit "complètement ragaillardi".

Il a souhaité que des conseillers présidentiels viennent de temps en temps devant les députés de la majorité pour "dire deux trois choses efficaces qui (...) permettent de contrecarrer la sinistrose ambiante".

Les députés d'ordinaire les plus critiques, souvent proches de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, comme Hervé Mariton, sont restés invisibles ou ont refusé de s'exprimer dans la cour de l'Elysée à l'issue de la rencontre.

De retour dans les couloirs de l'Assemblée, leurs langues se sont cependant déliées. Ils ont notamment dévoilé que Nicolas Sarkozy s'en était pris à ses prédécesseurs, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac, en passant par François Mitterrand.

"FAUTES AVOUÉES"

"Il a tapé sur Chirac l'accusant d'avoir mal gouverné la France", a déclaré à Reuters Jean-Pierre Grand, selon qui le chef de l'Etat a raillé les multiples candidatures de son prédécesseur. "Moi, j'ai été élu dès la première fois", a-t-il fait remarquer selon ce député.

"C'était un discours tourné plus vers le passé", a déploré Jacques Le Guen. "J'ai eu l'impression que c'était un discours de campagne électorale. Cela ressemblait plus à un rassemblement de militants qu'à un rassemblement d'élus avec le président".

Selon un autre député villepiniste, Nicolas Sarkozy s'en est pris à la presse. "Il n'y a pas d'opposition. C'est la presse qui fait fonction d'opposition", aurait-il dit à ses invités.

"Le président a la pêche, il est toujours en campagne", s'est en revanche réjoui Jacques Myard en allant attraper un des autocars affrétés pour les députés afin qu'ils soient à l'heure à la séance de questions d'actualité à l'Assemblée.

"Est-ce que j'ai une tête de godillot extatique ?" a-t-il lancé alors qu'on lui demandait si tout allait désormais pour le mieux au sein de la majorité. Sur la réforme des institutions, "on n'est pas d'accord, on va débattre, le dialogue est ouvert", a cependant ajouté l'élu souverainiste des Yvelines.

Après "deux heures de discussion très libre", le président du groupe UMP Jean-François Copé a vanté les mérites de cette "relation directe" entre les députés et le chef de l'Etat.

Entouré d'un groupe de jeunes élus soucieux de ne pas laisser "parler que les anciens", Philippe Gosselin a pour sa part souligné que des "fautes avaient été avouées" par le président sur la surexposition médiatique de sa vie privée.

"Ce n'était pas non plus des maxima culpa. C'est reconnaître que son style a pu perturber à certains moments, que sa vie privée a pu perturber", a déclaré le député de la Manche. "Mais je crois qu'il faut qu'on le laisse tranquille maintenant. Sur ce sujet, il y a eu un avant et maintenant on va de l'avant."

Dans son dernier numéro, Paris-Match publie pourtant un long reportage légendé par l'épouse du chef de l'Etat Carla Bruni Sarkozy et intitulé "un samedi ensoleillé à l'Elysée".

Parmi les photos du couple présidentiel figure pour la première fois, un cliché de leur discret mariage à l'Elysée le 2 février, pris par "l'ancienne nounou de Carla devenue amie de la famille".

avec la contribution d'Emile Picy

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