PARIS (Reuters) - Le parquet général de Metz a requis un supplément d'information dans l'affaire du meurtre de deux enfants de Montigny-lès-Metz (Moselle), jadis imputée à Patrick Dils, puis au tueur en série Francis Heaulme, apprend-on de source proche du dossier mercredi.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel statuera en juin sur ce dossier. Le procureur général souhaite faire entendre deux témoins qui se sont manifestés par écrit depuis le non-lieu rendu en décembre au profit de Francis Heaulme.
Selon la même source, un d'entre eux dit avoir vu Francis Heaulme couvert de sang à bicyclette, le jour des faits. Un autre dit qu'un codétenu en prison lui a dit avoir reçu des confidences de Francis Heaulme à propos du meurtre des enfants.
Alexandre Beckrich et Cyril Beining, deux garçons de huit ans, avaient été tués à coups de pierre le 28 septembre 1986 sur le talus d'une voie ferrée à Montigny-les-Metz (Moselle), près de Metz.
Agé de 16 ans à l'époque des faits, Patrick Dils avait été condamné à perpétuité en 1989, après avoir avoué le double homicide devant la police et devant un juge, dans des conditions ensuite contestées. Il s'était ensuite rétracté.
Mais Francis Heaulme lui-même ayant évoqué ce crime dans des déclarations ambigües, Dils avait été acquitté et libéré au terme d'une procédure de révision de son procès, en 2002, après 15 ans de prison.
L'enquête avait été rouverte et Francis Heaulme, condamné déjà à sept reprises dont deux fois à perpétuité pour des meurtres, avait été mis en examen le 9 juin 2006 pour ce double meurtre.
Un non-lieu avait cependant été rendu au terme d'une information judiciaire n'ayant obtenu ni ses aveux, ni des éléments supplémentaires.
Cependant, le dossier contenait déjà beaucoup d'éléments à charge sur le tueur en série. Les gendarmes avaient estimé que l'affaire portait sa "quasi-signature criminelle" de Francis Heaulme, en raison de similitudes dans le mode opératoire.
L'enquête avait par ailleurs établi que Francis Heaulme travaillait à l'époque dans une entreprise située à 400 m des lieux du crime, dont il avait été licencié juste après les faits en raison d'un comportement perturbé.
Francis Heaulme, tout en niant le crime, a dit dans plusieurs dépositions avoir été présent sur les lieux et avoir vu les enfants, qui lui auraient jeté des pierres.
Deux témoins entendus au procès en révision de Dils à Lyon en 2002 avaient affirmé avoir vu le tueur en série couvert de sang le jour des faits, ce qu'il avait confirmé lui-même à la barre, affirmant être tombé de vélo.
Thierry Lévêque

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