PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Jean-Louis Borloo, a assuré que la hausse du tarif d'utilisation du réseau ne serait pas répercutée sur le consommateur au 1er juillet.
"Il n'y aura pas d'augmentation pour le consommateur", a-t-il déclaré lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avaient auparavant affirmé que le gouvernement n'avait pas encore pris de décision sur la hausse des tarifs du gaz préconisée par la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
Une décision semble toutefois avoir été prise entretemps, a-t-on souligné à Bercy. "Le ministre de l'Energie, c'est M. Borloo, c'est lui qui décide", a-t-on précisé.
La CRE a proposé mardi une hausse de 1,5% des prix du gaz au 1er juillet pour les tarifs réglementés, afin de refléter celle de 5,6% du tarif d'utilisation des canalisations qui interviendra le même jour.
Des responsables de l'opposition ont aussitôt appelé le gouvernement à ne pas répercuter cette hausse sur les consommateurs, soulignant que les actionnaires de Gaz de France devaient prendre toute leur part de l'effort demandé.
Interrogé sur le sujet à l'Assemblée, Jean-Louis Borloo a déclaré qu'on "ne pouvait pas confondre les tarifs d'utilisation des 130.000 kilomètres de canalisation qui doivent être payés par Gaz de France, Poweo et tous les utilisateurs, avec l'augmentation du consommateur".
"Il y a un tarif, il n'avait pas augmenté depuis quatre ans. Il est affecté aux entreprises, donc aux actionnaires. Il n'y aura pas, donc, d'augmentation pour le consommateur, l'utilisateur", a-t-il affirmé.
Interrogé par Reuters, une responsable du service de presse du ministre a confirmé qu'il n'y aurait "pas de répercussion de l'augmentation du tarif d'utilisation des réseaux pour les consommateurs." "Il n'y aura pas d'augmentation en relation avec l'utilisation des canalisations", a-t-elle dit.
Le projet d'augmenter une troisième fois cette année le tarif du gaz, après des hausses de 5,5% le 30 avril et de 4% le 1er janvier, a fait bondir la gauche.
Mardi, Ségolène Royal a reproché au gouvernement d'avoir accepté ces hausses pour des raisons boursières dans la perspective de la fusion entre Gaz de France et Suez d'ici à la fin du 1er semestre.
Devant l'Association des journalistes parlementaires à l'Assemblée nationale, Christine Lagarde avait déclaré mercredi matin que rien n'était encore décidé pour la proposition de hausse au 1er juillet.
Luc Chatel a également confirmé lors du compte rendu du conseil des ministres que le gouvernement n'avait pas encore statué sur la proposition de la CRE.
Le porte-parole a rappelé que le cours du gaz importé par la France était aligné sur le cours du pétrole mais que le gouvernement avait pu jusqu'ici "contenir" la hausse des tarifs à la consommation.
"Le pétrole a augmenté de plus de 50% en six mois et au total, depuis le début de l'année, le prix du gaz aura augmenté d'une dizaine de pour cent", a-t-il fait valoir.
"Le gouvernement a pris en compte la donne pouvoir d'achat. D'abord en décalant à plusieurs reprises les augmentations qui avaient été demandées par l'opérateur historique (GDF). Pendant 18 mois, il n'y a pas eu de hausse de prix du gaz", a-t-il ajouté. "Ensuite il en a tenu compte en limitant la hausse."
Il a également rappelé qu'un "tarif social du gaz" destiné aux ménages les moins favorisés - 700.000 foyers concernés - serait mis en place dans les prochaines semaines.
Véronique Tison et Gérard Bon

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