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Les pharmaciens déboutés en appel contre la pub Leclerc

Reuters - Mercredi 7 mai, 10h51

STRASBOURG (Reuters) - La Cour d'appel de Colmar a infirmé l'interdiction faite au groupe de distribution Leclerc de poursuivre sa campagne de publicité pour la vente des médicaments non remboursés en grande surface, a-t-on appris auprès d'Univers Pharmacie, un groupement de pharmaciens à l'origine de la procédure.

"La Cour d'appel a débouté mes clients ainsi que les autres intervenants dans ce dossier", a déclaré à Reuters son avocat, Me Michaël Allouche, joint par téléphone.

La chambre des référés du tribunal de Grande instance de Colmar, ville où Univers Pharmacie a son siège, avait interdit le 21 avril à l'enseigne de supermarchés de poursuivre sa campagne qualifiée de "pratique commerciale déloyale" et de "dénigrement" à l'égard des pharmaciens.

Dans cette campagne, le groupe de Michel-Edouard Leclerc se vantait de pouvoir faire baisser de 25% le prix des médicaments non remboursés, actuellement monopoles des pharmaciens.

Les visuels et spots télévisés ironisaient sur le prix des médicaments qui apparaissaient comme des produits de luxe.

Dans son arrêt, la cour d'appel "considère qu'une parure faite de pilules et de gélules est sans doute d'une ironie un peu agressive mais qu'elle ne dépasse pas manifestement les limites de ce qui est permis en matière d'expression humoristique".

Elle considère qu'il n'y a eu ni dénigrement, ni diffamation.

"Nous envisageons, avec mes clients, d'engager une nouvelle procédure au fond pour obtenir réparation du préjudice subi", a indiqué à Reuters Me Allouche.

"La pharmacie française est irremplaçable et ne peut se résumer à une nouvelle niche commerciale", a déclaré dans un communiqué Daniel Buchinger, P-DG d'Univers pharmacie, un réseau de 500 officines.

Il a annoncé le lancement le 15 mai du "L'Union des groupements de pharmaciens d'officine (UGPO)" dont un des axes d'actions sera "le pouvoir d'achat et la pharmacie française".

L'UGPO, précise-t-il, demandera à être reçue par le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, pour être "entendue" avant la présentation à l'automne prochain du projet de loi sur la modernisation de l'organisation de la santé.

Univers Pharmacie avait assigné en référé la Société coopérative Galec, groupement d'achat des centres Leclerc, en arguant du caractère "diffamatoire" de cette campagne pour les pharmaciens d'officine.

Un autre groupement, Directlabo, ainsi que deux syndicats, l'USPO (Union des syndicats de pharmaciens d'officine) et l'UNPF (Union nationale des pharmacies de France), s'étaient associés à la procédure.

Le juge de première instance avait ordonné à Leclerc de mettre fin à sa campagne dès le 23 avril pour les spots télévisés et le 28 avril pour la presse écrite et l'affichage sous astreinte de 20.000 euros par jour et par infraction constatée une fois passés ces délais.

Il avait condamné le distributeur à verser 3.000 euros à chaque requérant au titre des frais de justice.

Gilbert Reilhac

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