TOKYO (Reuters) - Le président chinois, Hu Jintao, en visite d'Etat au Japon, a prôné un renforcement de la coopération entre les deux pays et, en signe d'amitié, a offert de prêter un couple de pandas à son arrivée mardi dans l'archipel.
Cette visite d'Etat, la seconde d'un dirigeant chinois au Japon, intervient alors que Pékin cherche à calmer les réactions suscitées dans le monde par la répression au Tibet, qui menacent de perturber les Jeux olympiques de Pékin, en août.
Hu a été accueilli à l'aéroport par des responsables japonais et par un groupe, composé majoritairement de Chinois, agitant des drapeaux, mais dans le centre de la capitale, un millier de personnes ont défilé pacifiquement aux cris de "Droits de l'homme pour le Tibet".
Des camions transportant des militants de droite ont parcouru Tokyo en diffusant des slogans anti-chinois ainsi que l'hymne national nippon. Quelque 7.000 policiers avaient été déployés et on ne signale aucune échauffourée.
Après des années de tensions dues aux réminiscences de la guerre, la Chine insiste sur sa volonté de rapports de bon voisinage.
"Les relations entre les deux pays ont maintenant de nouvelles occasion de se développer", a dit Hu dans un texte diffusé à son arrivée à Tokyo.
A l'appui de cette main tendue, il a proposé lors d'un dîner avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda de prêter un couple de pandas pour compenser la mort récente d'un de ces animaux pensionnaire d'un zoo de Tokyo, rapportent les médias japonais.
L'an dernier, la Chine est passée devant les Etats-Unis comme premier partenaire commercial du Japon avec des échanges bilatéraux d'une valeur de 236,6 milliards de dollars, en hausse de 12% par rapport à 2006.
La montée de l'influence chinoise nourrit néanmoins certaines craintes au Japon où l'on s'inquiète des besoins croissants en ressources énergétiques de Pékin, de sa puissance militaire et de récents scandales impliquant des produits chinois exportés ne répondant pas aux normes de sécurité.
La visite de Hu doit culminer mercredi par un sommet avec Fukuda au cours duquel ils devraient dévoiler leurs projets de coopération.
Pékin et Tokyo veulent en tout cas éviter une réédition de la visite de l'ancien dirigeant chinois Jiang Zemin qui avait, il y a une dizaine d'années, jeté un froid en faisant la leçon aux Japonais pour avoir envahi la Chine et l'avoir occupée, entre 1931 et 1945.
Selon des médias japonais, les négociations se poursuivent sur la manière d'évoquer dans un document commun les questions sensibles de Taïwan, des droits de l'homme et des aspirations de Tokyo à obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
Avec Chris Buckley et Chisa Fujioka, version française Nicole Dupont

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