LES ANGLES, Gard (Reuters) - Le partage du travail et le sous-emploi des seniors constituent une erreur économique et un "scandale social", a déclaré le président Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement dans le Gard.
Lors d'une table ronde sur le travail des seniors, le chef de l'Etat a dit vouloir dénoncer le "gâchis" et le "racisme de l'âge" que constitue, en France, la mise à l'écart d'actifs de plus de 50 ans.
Avec un taux d'activité des 55-65 ans à 38%, la France est loin de la moyenne européenne de 43,5% et d'un taux de 58% au Royaume Uni, de 62% aux Etats-Unis, de près 70% en Suède ou de 48% en Allemagne.
"On a fait une erreur monumentale (...) le partage du travail", a-t-il dit. "On a laissé penser que parce qu'on mettait dehors un quinqua on faisait de la place à un trenta. C'est un mensonge."
La France est le pays qui a à la fois le plus de jeunes au chômage et le moins de quinquagénaires au travail, a-t-il souligné. "On a menti aux Français. Le partage du travail, c'est une erreur économique doublée d'un scandale social."
Pour y remédier, Nicolas Sarkozy a proposé plusieurs mesures, directement puisées dans un document d'orientation présenté le 28 avril par le ministre du Travail Xavier Bertrand aux partenaires sociaux.
Les premières de ces mesures visent à encourager les plus de 55 ans à rester actifs. Il s'agit du cumul d'un emploi et d'une retraite, sans restriction, pour un salarié qui a cotisé assez longtemps pour bénéficier d'une retraite à taux plein ou d'une surcote de 5% par année travaillée au-delà de 60 ans.
"Vous aurez donc le choix, soit de toucher votre pension de retraite en même temps que votre salaire, soit vous ferez le choix d'avoir une pension de retraite plus importante", a expliqué Nicolas Sarkozy.
TAXER "LOURDEMENT" LES PRÉRETRAITES
Dans le premier cas, "lorsqu'un travailleur a suffisamment cotisé pour toucher une retraite à taux plein et qu'il reste actif, il pourra toucher l'intégralité de sa retraite et l'intégralité de son salaire", a-t-il poursuivi.
Pour ceux qui préfèreront continuer à travailler et ne liquideront pas tout de suite leur retraite pour avoir une meilleure pension au taux plein, ils verront leur future pension majorée de 5% dès la première année d'allongement d'activité et les années suivantes, jusqu'à l'âge de 65 ans.
Nicolas Sarkozy s'est par ailleurs dit très choqué par le système actuel de dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs de 57 ans et demi et plus.
"Ça, je vais vous dire, ça ne va pas faire long feu", a-t-il dit. "On va supprimer cette notion de dispense de recherche d'emploi pour les seniors".
Selon son entourage, le taux de déclenchement de cette dispense sera relevé progressivement de six mois par an à partir de 2009.
De même, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de taxer "lourdement" les préretraites et de supprimer les mises à la retraite d'office, y compris après 65 ans.
Il a dit avoir demandé à Xavier Bertrand et au secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez de "consacrer toutes leurs forces" à ce dossier "dans les prochaines semaines".
"Ils doivent tenir compte des propositions des partenaires sociaux, mais ce sujet est urgent et ne peut pas attendre", a souligné le chef de l'Etat. "Je fixerai une obligation de résultats au plus tard en 2010 pour vérifier que la progression du taux d'emploi des seniors se confirme".
Nicolas Sarkozy avait auparavant visité une usine de béton précontraint à Pujaut, exemplaire pour les efforts qu'elle fait en matière d'emploi des seniors.

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