PARIS (Reuters) - Un an jour pour jour après l'élection de Nicolas Sarkozy, François Fillon s'est déclaré mardi fier de servir un président de la République resté à ses yeux à la fois militant et rebelle.
Devant quelque 2.000 adhérents de l'UMP réunis salle Gaveau, à quelques mètres du siège du parti, dans le VIIIe arrondissement de Paris, le Premier ministre a mis en exergue la "révolution culturelle" engagée en France depuis un an.
Entouré des dirigeants de l'UMP et de membres de son gouvernement, il a aussi vanté les mérites d'un président qui "au fond de lui-même, reste un militant" et "un rebelle qui refuse d'être étouffé par les turpitudes du pouvoir".
Mieux loti que le chef de l'Etat dans les sondages, il a salué l'aplomb de Nicolas Sarkozy face aux épreuves.
"Il faut être solide pour résister comme il l'a fait au déferlement d'adversité et de critiques qui a accompagné la première année de son mandat", a-t-il déclaré. "L'opposition s'agite mais les réformes passent, les attaques pleuvent mais le président avance".
En cette soirée anniversaire, François Fillon a aussi cherché à faire taire les rumeurs faisant état de ses difficultés relationnelles avec le président.
"Mes amis, je suis fier de servir le président de la République", a-t-il assuré. "Je suis fier d'être là pour redresser la France".
Et le Premier ministre d'appuyer ses dires par une comptabilité précise : "Le président a pris 490 engagements, 60 ont été réalisés, 187 sont en cours. Si je fais le calcul ça fait 50% en un an, il nous reste quatre ans."
"RÉVOLUTION CULTURELLE"
Des régimes spéciaux de retraite à l'université en passant par la lutte contre la récidive et le service minimum, il s'est félicité d'avoir engagé une "révolution culturelle" en France. Et il a redit sa volonté de maintenir le cap, estimant qu'"on ne change pas de politique au premier coup de vent".
"Crise ou pas crise, il fallait et il faut moderniser la France", a-t-il martelé dans son discours qui s'est terminé par ces mots : "Tous ensemble, disons à Nicolas 'bon anniversaire M. le président.'"
François Fillon avait ensuite rendez-vous à l'Elysée, où Nicolas Sarkozy avait convié tous les membres du gouvernement et leurs conjoints à un cocktail-dînatoire. Le chef de l'Etat marquera également ce premier anniversaire en recevant mercredi les députés UMP au palais présidentiel.
Salle Gaveau, où avaient été conviés en priorité les adhérents à l'UMP les plus récents, certains espéraient une brève visite du président, qui ne s'est finalement pas montré.
"Je suis un peu déçue mais je sais qu'il ne peut pas être partout", avoue Marie-Claude Linet, une retraitée de Bayeux titulaire de sa carte depuis moins d'un an et impressionnée par le "courage" de Nicolas Sarkozy. "A sa place, j'aurais tout abandonné. Je trouve que les Français sont un peu durs."
"Le gouvernement est là, avec son chef, c'est l'essentiel", estime pour sa part François, un ancien gendarme du Mans qui raconte avoir arrêté il y a quelques années le Premier ministre pour excès de vitesse sur les routes sarthoises.
Quant au bilan des 12 mois à l'Elysée, "il est encore trop tôt pour le faire", estime Arnaud, chef d'entreprise de 35 ans.
"Je ne sais pas si d'autres auraient fait mieux. Ce qui compte c'est l'engagement. Moi, je suis contre l'immobilisme", renchérit Eddy, Parisien cinquantenaire.
Une commerçante du XVIe arrondissement, se fait, elle, plus critique. "J'ai adhéré il y a un an et je ne renouvellerai pas ma carte. Dans le XVIe on se fait agresser en ce moment, des personnes âgées se font agresser, ce n'est plus possible."
Sur un stand proche de la sortie, des militants vendent des crayons, T-shirts, nounours et autres frisbees flanqués de la mention "Ensemble pour faire gagner la France".
Elizabeth Pineau

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