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Relance mitigée pour la mobilisation lycéenne

Reuters - Mardi 6 mai, 18h35

PARIS (Reuters) - De retour de vacances, les lycéens ont répondu mardi de façon mitigée aux appels à la relance du mouvement contre les suppressions de postes dans l'Education nationale, qui avait débuté fin mars.

Si les manifestants se sont bien mobilisés à Toulouse, Rouen ou Orléans, le défilé de Strasbourg a été annulé faute de participants et le cortège parisien a fondu par rapport aux précédentes journées d'action.

Les responsables des syndicats étudiants ont néanmoins jugé cette mise en jambes satisfaisante dans l'attente de la journée du 15 mai avec l'ensemble des syndicats d'enseignants.

Selon la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), plus de 200 assemblées générales et sit-in témoignent de la mobilisation.

"La zone C a fait un retour attendu dans le mouvement lycéen en prouvant sa capacité de remobilisation après ces vacances", a dit pour sa part Florian Lecoultre, président de l'Union nationale lycéenne (UNL).

"Le gouvernement, qui joue la sourde oreille, devrait entendre au plus vite les revendications lycéennes."

A Angoulême (Charente), 200 lycéens environ ont occupé dans l'après-midi durant un quart d'heure les voies de chemin de fer pour protester contre les suppressions de postes d'enseignants à la rentrée prochaine, a-t-on appris auprès de la SNCF.

Les lycéens ont levé le blocage avant que les forces de l'ordre n'aient à intervenir. Deux TGV, les Paris-Bordeaux et Paris-Toulouse, ont accusé un retard d'environ un quart d'heure.

Dans la capitale, 6.000 manifestants selon les organisateurs, 1.900 d'après la police, ont manifesté de la place de la République jusqu'à la Nation derrière une banderole proclamant: "Ils n'auront pas la peau de l'éducation."

"C'est plus un tour de chauffe qu'autre chose dans l'attente de la journée du 15 mai", veut croire Léo Moreau, un responsable lycéen.

La dernière mobilisation parisienne le 17 avril avait rassemblé 13.000 lycéens, selon la police, 40.000 d'après l'UNL et la FIDL).

A Strasbourg, moins d'une centaine de lycéens se sont rassemblés en début d'après-midi sur la place Kléber. En raison de cette faible mobilisation, le défilé a été annulé.

"ÇA REDÉMARRE DOUCEMENT"

Ils étaient entre 2.500 et 3.000 au plus fort du mouvement en Alsace, le 24 avril dernier.

"On sort de trois semaines de mobilisation. Les lycéens ont loupé des cours, il y a des bacs blancs un peu partout. On va continuer des petites actions comme des sit in", a indiqué à Reuters Jeanne Viès, secrétaire nationale de l'UNL.

A Toulouse, les responsables lycéens ont revendiqué 3.000 manifestants et la police en a dénombré 1.600. "Ca redémarre doucement mais ça commence à peine", a dit Cédric, un responsable lycéen.

Dans la matinée, 2.000 à 2.500 lycéens ont sillonné les rues de Rouen et 2.500 à 3.000 celles d'Orléans.

A Lyon, les manifestants n'étaient que 800, selon les organisateurs, et 500 d'après la police. "Ouvrir une classe, c'est fermer une prison", proclamait la banderole de tête d'un défilé largement improvisé.

A Grenoble, près de 900 lycéens ont manifesté dans le centre-ville, selon la police.

Face à la fermeté du ministre de l'Education, Xavier Darcos, qui ne veut pas se laisser influencer par "les mouvements de rue", les syndicats lycéens se disent prêts à tenir dans la durée "pour réclamer la fin de la politique de rigueur."

D'ores et déjà, ils invitent les lycéens à prendre part aux manifestations du 15 mai d'enseignants contre la politique éducative du gouvernement.

Toujours aussi déterminé, Xavier Darcos a promis de faire du 15 mai l'occasion d'une nouvelle expérimentation d'un service minimum dans les écoles communales.

Le ministre du Budget, Eric Woerth, a estimé pour sa part que les lycéens étaient instrumentalisés par les syndicats d'enseignants qui réclament "toujours plus de moyens depuis vingt ans."

Service France

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