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Ralentissement en vue dans les services dans la zone euro

Par Jonathan Cable Reuters - Mardi 6 mai, 11h22

LONDRES (Reuters) - La croissance du secteur des services dans la zone euro s'est légèrement reprise en avril en dépit de l'accélération de la hausse des prix, qui pourrait empêcher une baisse des taux de la BCE, montre l'enquête RBS/NTC.

L'indice du secteur tertiaire est remonté à 52,0 le mois dernier, légèrement au-dessus de l'estimation instantanée publiée en cours de mois (51,8), dont les économistes interrogés par Reuters anticipaient une simple confirmation.

Mais la reprise d'avril pourrait être de courte durée.

"Certaines indications montrent qu'il s'agit d'une remontée temporaire par rapport aux plus bas de l'an dernier et cela masque une tendance baissière qui va se maintenir au cours des prochains mois", estime ainsi Chris Williamson, chef économiste zone euro de NTC Economics, qui publie les statistiques. "Tous les signes vont dans le sens d'une poursuite de la détérioration."

Les pressions inflationnistes se sont accentuées, la composante des prix acquittés par les entreprises de services atteignant 63,5, son plus haut niveau depuis octobre 2000.

Ce chiffre pourrait fournir à la Banque centrale européenne un argument supplémentaire pour maintenir son principal taux directeur à 4,0% à l'issue de sa réunion de politique monétaire jeudi.

L'inflation dans la zone euro est revenue à 3,3% en avril après être montée à 3,6% en mars mais elle reste nettement supérieure au plafond de 2% que s'est fixé la BCE et elle devrait demeurer élevée en raison du niveau record des cours du pétrole et de certains produits alimentaires.

Les économistes interrogés par Reuters la semaine dernière ont dit s'attendre néanmoins à deux baisses d'un quart de point des taux de la BCE cette année, la première étant anticipée pour septembre.

DÉTÉRIORATION EN FRANCE, CONTRACTION EN ESPAGNE

Parmi les entreprises de services, les anticipations en terme d'activité sont orientées à la hausse: le sous-indice les mesurant est monté en avril à 58,7 contre 58,2 en mars, un chiffre qui marquait un plus bas de cinq ans et demi même s'il dépassait encore largement le seuil de 50 séparant la contraction de l'expansion de l'activité.

Mais la composante des carnets de commandes a reculé à 49,1 contre 49,7, traduisant une diminution des nouveaux contrats.

L'enquête d'avril montre aussi des disparités nettes entre les principaux pays de la zone euro: alors que l'Allemagne affiche une nette amélioration, à 54,9 contre 51,8 en mars, l'activité en France est tombée à son plus bas niveau depuis quatre ans et demi à 52,8 et accuse une baisse de 4,5 points sur un mois, la plus forte enregistrée depuis la création de l'enquête il y a dix ans.

"La France est considérée comme un indicateur avancé de la zone euro et le fait que la confiance du secteur des services y chute est un motif d'inquiétude", commente Ken Wattret, économiste de BNP Paribas à Londres. "Les enquêtes auprès des entreprises vont dans le sens d'une croissance inférieure au potentiel."

C'est l'Espagne qui affiche la situation la plus préoccupante: malgré une remontée de l'indice à 42,5 contre 40,9, le secteur des services y reste en contraction, tout comme l'Italie malgré une légère embellie.

L'indice composite de la zone euro, qui combine services et industrie manufacturière, ressort à 51,9 en avril, inchangé par rapport à l'estimation instantanée et conforme aux attentes du marché. Il progresse d'un dixième de point par rapport à mars.

En dehors des Quinze, la Grande-Bretagne affiche une quasi-stagnation de l'activité dans les services avec un indice revenu à 50,4 contre 52,1 en mars, au plus bas depuis mars 2003.

Jonathan Cable, version française Danielle Rouquié et Marc Angrand

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