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Paris juge Juncker et Barroso favoris pour diriger l'UE

Par Yves Clarisse Reuters - Lundi 5 mai, 15h49

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker part favori pour présider le Conseil européen et José Manuel Barroso devrait rester président de la Commission européenne, estime-t-on à l'Elysée.

Le traité de Lisbonne, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2009 après ratification par les 27 Etats membres, prévoit la nomination d'un président permanent du Conseil européen et le choix du président de la Commission en tenant compte des résultats des élections européennes de juin 2009.

"Juncker et Barroso sont pour l'instant les personnes les plus crédibles", a-t-on estimé dans l'entourage du président français, alors que le troisième personnage du "triumvirat", le Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), serait la variable d'ajustement.

"Ces deux-là sont nettement favoris, sauf surprise, notamment un échange de postes entre les deux (NDLR Barroso devenant président du Conseil européen tandis que Juncker prendrait la tête de la Commission)", ajoute-t-on de même source.

A en croire les autorités françaises, la confirmation de Barroso à son poste est quasiment chose faite.

"Pour battre Barroso, il va falloir se donner du mal", souligne-t-on à l'Elysée, où l'on ne tarit pas d'éloges sur l'ex-Premier ministre portugais, un "pragmatique".

Les capacités de Juncker, doyen du Conseil européen, sont quant à elles unanimement reconnues par ses pairs, mais son profil fédéraliste est très mal vu à Londres.

"Les Britanniques considèrent que Juncker est inacceptable", explique-t-on à l'Elysée.

BARNIER COMMISSAIRE EUROPÉEN?

La nomination du président du Conseil européen s'effectuera de toute manière à la majorité qualifiée de ses pairs, ce qui exclut un veto britannique, et Paris juge néanmoins possible de convaincre le Premier ministre Gordon Brown de l'appuyer.

D'autres candidats possibles, comme le Premier ministre danois, se seraient en effet retirés de la course: Anders Fogh Rasmussen viserait maintenant le secrétariat général de l'Otan.

L'Elysée ne semble pas non plus croire à l'option incarnée par l'ancien chancelier autrichien Wolfgang Schüssel et, si les qualités de l'ex-Premier ministre Tony Blair sont mises en valeur à Paris, on y est conscient que l'homme suscite des réticences, notamment en raison de son implication dans la guerre en Irak.

Juncker et Barroso appartenant au parti populaire européen (PPE), qui regroupe la droite au Parlement européen, les socialistes devraient revendiquer au moins un poste sur trois.

L'actuel "ministre" des Affaires étrangères de l'UE, le socialiste Javier Solana, est officieusement candidat à un nouveau mandat mais, de source française, on estime que cela ne donnerait pas vraiment l'image d'un renouvellement de l'UE.

Cette piste n'est toutefois pas écartée, surtout pour la période de transition entre la décision, fin 2008, et la confirmation du Haut représentant, qui siégera aussi à la Commission, en novembre 2009 par les députés européens.

Il reste à définir le profil du futur président du Conseil européen et l'Elysée reconnaît que la France est l'un des rares pays à vouloir donner un rôle fort à ce personnage.

L'entourage du président estime que le prochain commissaire européen de la France pourrait être l'actuel ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, qui a fait un mandat à Bruxelles.

"C'est un type très bien, il a une vraie image à Bruxelles", estime-t-on à l'Elysée, où on le verrait bien prendre le portefeuille stratégique du marché intérieur.

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