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Un mouvement clandestin corse inconnu menace Jacques Séguéla

Reuters - Lundi 5 mai, 17h54

AJACCIO (Reuters) - Un mouvement clandestin corse inconnu jusqu'alors, qui se fait appeler "FLNC 1976", a menacé trois personnalités, Jacques Séguéla, l'avocat Xavier Delsol et Marc Sulitzer, cousin de l'écrivain, qui construisent chacun une résidence secondaire à Cala Longa, sur la commune de Bonifacio (Corse-du-Sud), dans un communiqué envoyé à une radio locale.

"Nous vous interdisons de construire sur la zone de Cala Longa sur la commune de Bunifaziu. Si vous construisez, outrepassant cette interdiction, vous en assumerez les conséquences au niveau de votre sécurité", dit ce texte envoyé à Radio Corse frequenza mora (RCFM).

L'avertissement, plus largement adressé "à tous les étrangers qui s'accaparent des terres" annonce aussi : "nous ferons usage, avec discernement, du droit à la légitime défense du peuple corse sur sa terre".

Ce nouveau mouvement clandestin, qui semble faire référence au début des actions armées en Corse en 1976, revendique par ailleurs 26 attentats visant essentiellement des bâtiments publics, tels que l'Assemblée de Corse, l'agence du tourisme, le tribunal de Bastia, la gendarmerie de Montesoro, ainsi que des résidences secondaires.

Il a appelle également à "une réunification totale des organisations clandestines" - il existe deux autres FLNC, du "22 octobre" et "Union des combattants" - et annonce "une prochaine prise de contacts et les dispositions nécessaires pour la réalisation de cet élargissement".

Il précise enfin qu'il est "issu du rassemblement, voici un an, de militants des deux autres organisations clandestines et qu'en 32 ans de combats rien ne justifie l'abandon de la clandestinité".

En février, le publicitaire a fait démarrer la construction d'une résidence de 568 m2, sur un terrain de deux hectares situé à Cala Longa, entre Bonifacio et Porto-Vecchio, à quelques encablures de l'île de Cavallo, surnommé l'île des milliardaires.

Les défenseurs locaux de l'environnement estiment que cette construction viole la loi de protection du littoral mais, pour Me Denis Garreau, avocat de Jacques Séguéla, les dispositions de la loi ne s'appliquent pas à ce cas.

Il souligne que le site de Cala Longa n'est pas répertorié dans l'atlas des espaces remarquables. Le défenseur de la mairie de Bonifacio Me Patrice Vaillant a aussi défendu la validité du permis de construire.

La justice administrative avait d'abord estimé qu'il fallait laisser le site convoité dans son état originel et interdit la construction, mais la semaine dernière Jacques Séguéla a gagné un recours et le permis contesté a été validé.

Service France

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