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Nouveau plan de lutte contre l'épidémie de sida en Guyane

Par Laurent Marot Reuters - Dimanche 4 mai, 09h47

CAYENNE (Reuters) - La ministre de la santé Roselyne Bachelot a présenté samedi à Cayenne des mesures pour lutter contre l'épidémie de sida en Guyane, département français le plus touché par la maladie selon les autorités sanitaires.

La ministre a "souhaité mettre sur pied un programme spécifique à la Guyane" pour que "les associations concernées puissent proposer dès la rentrée des tests rapides de dépistage".

Ce programme prévoit également une meilleure coordination des actions de lutte contre le VIH, dont le "pilotage" a été confié au préfet ainsi que le redéploiement d'un million d'euros supplémentaires, a indiqué Roselyne Bachelot devant la presse, à l'issue d'une réunion de la Coordination Régionale de lutte contre le VIH (COREVIH).

La ministre de la Santé a également appelé au "renforcement du réseau de soins primaires", avec "la création ou la réhabilitation des centres de santé" dans les zones isolées comme le Maroni ou l'Oyapock.

Les autorités sanitaires estiment à plus de 1.500 le nombre de séropositifs en Guyane, dont 80 % sont des étrangers. "Une personne sur soixante environ est touchée par le VIH en Guyane, et, à Cayenne, plus d'une prostituée sur vingt est infectée", a précisé Roselyne Bachelot.

DROIT AU SÉJOUR

Interpellée par un collectif d'associations locales dénonçant l'expulsion d'étrangers sans papiers touchés par le VIH, la ministre a rappelé "qu'un étranger infecté par le VIH ne peut être expulsé, sauf s'il peut recevoir des soins de qualité dans son pays d'origine".

"En Guyane, les étrangers en situation irrégulière sont originaires de pays où ils ne peuvent recevoir ces soins, donc un étranger (malade) n'est pas expulsable", a indiqué Roselyne Bachelot devant la presse.

"En Guyane, le taux de croissance de l'épidémie est en train de baisser", a déclaré samedi à Cayenne le docteur Mathieu Nacher, président du COREVIH.

"Mais étant donné le nombre de personnes infectées, le nombre de nouveaux patients enregistré chaque année est constant", a précisé le docteur Nacher.

Il souligne également l'importance des "perdus de vue", 10% des patients dépistés ne reviennent plus se faire soigner pendant au moins un an, et déplore le "dépistage qui ne progresse pas depuis 1992".

"En Guyane, le VIH est encore tabou", souligne le président du COREVIH. "Il faut une concordance des discours sanitaire, religieux et politique pour qu'enfin on en parle et que les gens aillent faire le test, comme ils vont voir leur médecin traitant pour faire une recherche de diabète, et que cela ne soit pas stigmatisant".

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