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Boris Johnson, vainqueur à Londres, marque le retour des Tories

Par Katherine Baldwin Reuters - Samedi 3 mai, 09h05

LONDRES (Reuters) - La victoire remportée vendredi par Boris Johnson, porté à la mairie de Londres, révèle chez les électeurs une volonté de changement qui n'est pas de bon augure pour le Premier ministre Gordon Brown.

A 43 ans, l'ancien étudiant d'Eton et d'Oxford, qui jongle entre ses fonctions de député conservateur et d'animateur de télévision, a évincé le maire sortant Ken Livingstone, infligeant ainsi aux travaillistes le coup de grâce d'un scrutin municipal désastreux pour le gouvernement.

La victoire des conservateurs à Londres fait en effet écho à de nombreuses autres dans des conseils municipaux d'Angleterre et du Pays de Galles.

Les Londoniens ont choisi de passer outre la faible expérience du pouvoir de Johnson et l'ont préféré à Livingstone, maire de la capitale depuis 2000.

Le chef de file des conservateurs David Cameron, qui a côtoyé Johnson sur les bancs d'Eton et d'Oxford, espère désormais que l'élan donné à son parti lors de ces municipales se prolongera jusqu'aux prochaines législatives, qui auront lieu au plus tard en 2010.

La victoire de Johnson "va donner un coup de fouet aux conservateurs. C'est le poste le plus important à être attribué au suffrage direct, et il confère une grande influence et une grande visibilité", a déclaré Dominic Wring, politologue de l'université Loughborough.

La personnalité des candidats l'a probablement emporté sur les questions de la vie quotidienne, au premier plan dans le reste du pays.

TREMPLIN POUR CAMERON

L'aspect neuf de Johnson, sa personnalité facétieuse et son allure atypique ont contribué à le faire connaître et à attirer les électeurs dans les bureaux de vote.

L'ancien journaliste du Spectator se voit désormais confier la responsabilité d'un budget de 11 milliards de livres (14 milliards d'euros) pour une ville de 7,5 millions d'habitants, première place financière européenne qui organisera par ailleurs les Jeux olympiques de 2012.

Une réussite à ce poste fournirait à Cameron un tremplin vers le poste de Premier ministre aux prochaines législatives. A l'inverse, s'il échoue, les travaillistes ne se priveront pas de montrer Johnson du doigt pour accuser les conservateurs d'incompétence.

Johnson "a tellement été accusé d'être désordonné et incompétent qu'on risque d'attendre très peu de lui, ce qui lui permettrait de paraître facilement plutôt compétent", a estimé Tony Travers, spécialiste de la municipalité londonienne à l'Ecole d'économie de Londres.

"Je ne serais toutefois pas surpris que David Cameron tente de faire en sorte que la mairie soit dirigée de façon à minimiser les risques pour le parti conservateur", a-t-il ajouté.

Si Livingstone avait assuré que Johnson serait un "désastre" pour Londres, les partisans de ce dernier ont assuré qu'il parviendrait à surprendre ses détracteurs.

Le père du nouveau maire de Londres n'a quant à lui pas été surpris par le résultat du scrutin, lui qui avait prédit la victoire de son fils à l'antenne de la BBC.

"Il connaît son grec, il connaît son latin, et si on connaît le grec et le latin, on peut pratiquement tout faire, en tout cas, c'est certain, administrer une ville telle que Londres", avait assuré Stanley Johnson.

Version française Gregory Schwartz

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