LONDRES (Reuters) - Le Parti travailliste a promis de tirer les leçons de sa cinglante défaite aux élections municipales, qui pourrait, selon la presse britannique, marquer le début de la fin pour le gouvernement de Gordon Brown.
Le Labour de Brown a cédé la mairie de Londres aux conservateurs, symbole de la pire défaite jamais enregistrée par les travaillistes dans des élections locales.
Les commentateurs de la vie politique britannique estiment que les élections de jeudi pourraient marquer un tournant comme il n'en arrive qu'un seul dans une génération et sonner le début de la fin pour le règne du Labour, à la tête du pays depuis onze ans.
L'éditorialiste Jonathan Freedland écrit dans le Guardian, classé à gauche, que la défaite des travaillistes à Londres semble confirmer que le Labour "s'apprête à entrer dans la pénombre".
Les conservateurs, battus aux trois dernières législatives, sont sur un nuage après leur victoire éclatante avec 44% des voix, selon les estimations, contre 24% pour le Parti travailliste.
"Nous avons montré qu'il existe une alternative. Nous devons maintenant le prouver", a déclaré le chef de file des Tories, David Cameron.
Si ces résultats se retrouvaient lors des prochaines élections législatives, dont Brown pourrait décider la tenue d'ici mi-2010, les conservateurs obtiendraient une victoire triomphale avec une majorité de 130 sièges aux Communes.
Cette déroute électorale est un revers personnel cuisant pour Brown, qui a pris la tête du gouvernement il y a moins d'un an après avoir été pendant dix ans chancelier de l'Echiquier dans l'ombre de Tony Blair.
AUTOPSIE DE LA DÉFAITE
Certains ministres ont imputé la défaite aux difficultés économiques actuelles. Les Britanniques subissent la hausse des prix des produits alimentaires et des carburants au moment même où la crise du crédit rend les prêts plus onéreux et pourrait conduire à une crise de l'immobilier.
Contrit, le gouvernement a entrepris une autopsie de la défaite, reconnaissant avoir commis des erreurs et promettant des améliorations.
"Le tableau général est de fait très sombre. Nous devons regarder les choses en face et tenir compte avec sérieux du message qu'a envoyé la population au gouvernement", a déclaré Tessa Jowell, membre du gouvernement, sur la BBC.
Elle a ajouté que le gouvernement devait "se concentrer plus directement sur les conditions de vie concrètes des gens", laissant entendre qu'il avait pris conscience du fossé qui s'est créé avec les électeurs.
Brown prépare déjà la riposte et pourrait dévoiler dès la semaine prochaine une série de réformes.
En dépit de l'ampleur de la défaite, les analystes estiment qu'il n'est pas personnellement menacé.
Après une courte période d'état de grâce, sa cote de popularité a vite plongé alors que la crise du crédit partie des Etats-Unis atteignait la Grande-Bretagne et obligeait le gouvernement à se porter à la rescousse de la banque Northern Rock, menacée de faillite.
Le Premier ministre a également pâti des troubles sociaux que connaît le pays, de plusieurs gaffes de l'administration et de son manque de charisme.
Mais c'est une mesure qu'il avait prise lorsqu'il était encore aux Finances - la suppression de la première tranche d'imposition - qui semble lui avoir coûté le plus cher lors des élections de jeudi.
"Ils voulaient le punir ou bien nous punir" par rapport à la suppression de cette tranche d'imposition, a estimé Jack Straw, ministre de Justice, samedi, sur la BBC.
Version française Gwénaëlle Barzic

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