Recherche

Pression croissante pour un report du scrutin au Zimbabwe

Par MacDonald Dzirutwe Reuters - Mercredi 25 juin, 18h39

HARARE (Reuters) - Les pays africains ont accentué mercredi leurs pressions sur le régime zimbabwéen pour qu'il reporte le deuxième tour de l'élection présidentielle prévu vendredi mais sa tenue a été confirmée par la commission électorale en dépit du retrait de l'opposition et du concert de protestations internationales.

Réunie pour un sommet de crise à Mbabane, la "troïka" de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), qui rassemble la Tanzanie, l'Angola et le Swaziland, a appelé à un report du scrutin.

Un porte-parole du gouvernement sud-africain a par ailleurs annoncé qu'un négociateur de haut rang se trouvait à Harare et souligné que toutes les hypothèses seraient envisagées lors des discussions, y compris une annulation du second tour. "Les discussions (...) entre les différentes parties au Zimbabwe aborderont tous les aspects pour tenter de parvenir à un accord (...) toutes les hypothèses sont envisagées, y compris, je présume, la possibilité d'un report", a déclaré Themba Maseko.

Le président de la commission électorale zimbabwéenne (Zec) a pourtant confirmé mercredi la tenue du scrutin en faisant valoir que le retrait de l'opposition, annoncé dimanche, était intervenu trop tard et n'avait donc pas de conséquences au regard de la loi.

"Par conséquent, la commission ne reconnaît pas le prétendu retrait. Nous maintenons donc le second tour de l'élection présidentielle vendredi, comme prévu", a déclaré George Chiweshe.

Morgan Tsvangirai, qui a décidé de ne pas se présenter au second tour face au chef de l'Etat sortant Robert Mugabe en raison des violences dont été victimes ses partisans, a déclaré que la tenue de ce scrutin serait une honte. Il a demandé à l'Union africaine de mettre en oeuvre une transition politique avec l'appui de l'Onu.

"Je demande à l'UA et à la SADC de mener une initiative étendue soutenue par l'Onu pour superviser ce que j'appelle un processus de transition", a déclaré Tsvangirai.

LONDRES PRÉPARE DE NOUVELLES SANCTIONS

Il avait auparavant appelé les Nations unies à isoler Mugabe et estimé nécessaire l'envoi d'une force de maintien de la paix.

Le chef de l'opposition a tenu une brève conférence de presse à son domicile après avoir quitté l'ambassade des Pays-Bas à Harare où s'il était réfugié depuis dimanche. Il a toutefois regagné peu après la représentation diplomatique.

Le rival politique de Mugabe a affirmé que le second tour ne serait acceptée ni par le peuple zimbabwéen ni par la communauté internationale. Il a demandé à l'UA d'évoquer la crise que traverse le Zimbabwe lors du sommet qui doit avoir lieu la semaine prochaine en Egypte.

Mugabe, au pouvoir depuis 28 années consécutives, a refusé d'annuler le scrutin en dépit des pressions croissantes des pays africains et de la communauté internationale.

La "troïka" de la SADC a souligné que les conditions n'étaient pas réunies au Zimbabwe pour des élections libres et équitables.

Le Kenya de son côté a plaidé pour une intervention étrangère, affirmant que le Zimbabwe risquait de connaître un scénario similaire à celui du Rwanda. "Le Zimbabwe est à ce stade une catastrophe en devenir", a prévenu le Premier ministre kényan Raila Odinga.

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu, lauréat du prix Nobel de la paix, a également milité pour l'envoi de soldats de maintien de la paix. Mugabe "s'est transformé en quelque chose d'assez incroyable. Il est vraiment devenu une sorte de Frankenstein pour son peuple", a déclaré le prélat anglican sur la chaîne de télévision australienne ABC.

La Grande-Bretagne, l'ex-puissance coloniale, a annoncé de son côté qu'elle préparait des sanctions contre un certain nombre de membres du gouvernement.

A titre symbolique, Mugabe a été déchu mercredi par la reine Elizabeth II de son titre honoraire de chevalier de l'Empire britannique qui lui avait été décerné en 1994.

Enfin, la tournée que devait effectuer en 2009 l'équipe de cricket du Zimbabwe en Angleterre a par ailleurs été annulée sur décision des autorités anglaises et galloises de cette discipline sportive.

Avec Cris Chinaka, Marius Bosch et Gordon Bell à Johannesburg, Duncan Miriri à Nairobi, Katherine Baldwin à Londres, version française Gwénaelle Barzic

Recommander cette dépêche


Forums de discussion

Audio/Vidéo: Monde

Sur Yahoo!

Top Articles - Monde


Ajouter à mon Yahoo/RSS

Copyright © 2008 Yahoo! Tous droits réservés.