PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste met en garde Nicolas Sarkozy contre "l'enlisement" en Afghanistan, réclamant une réévaluation des missions de l'armée française sur le terrain mais pas un retrait du contingent.
Laurent Fabius et Pierre Moscovici, sans dévoiler ce que serait la stratégie des députés socialistes lors du vote à l'Assemblée nationale le 22 septembre, ont dénoncé l'alignement français sur la politique extérieure des Etats-Unis.
"Je souhaite que Nicolas Sarkozy comprenne que l'alignement sur le 'bushisme' ce n'est pas la solution", a déclaré Pierre Moscovici sur France Inter.
"Dans un monde compliqué, il faut éviter le confort des idées simplistes", estime de son côté l'ancien Premier ministre dans Le Parisien.
Quelques voix isolées se sont élevées cette semaine au PS, à l'unisson de la gauche de la gauche, pour demander le désengagement des 2.600 soldats français déployés en Afghanistan.
"Nous avons eu un débat au bureau national du PS dans lequel 95% de ceux qui étaient présents ont eu la même position: nous ne sommes pas pour le retrait d'Afghanistan parce que cela aurait des conséquences incalculables (...) mais nous ne sommes pas non plus pour la stratégie qu'a choisie Nicolas Sarkozy", a expliqué Pierre Moscovici.
Les choix présidentiels conduisent "non seulement à l'engagement mais à l'enlisement avec des missions illisibles pour nos troupes, avec un danger majeur pour elles et au final une défaite qui nous attend", a ajouté le député du Doubs. "Nous devons avoir une stratégie qui ne soit pas uniquement militaire et c'est ce que nous dirons lors du débat" parlementaire.
Pour Laurent Fabius, "il n'est pas question de se retirer du jour au lendemain ce qui serait un formidable cadeau pour les terroristes du monde entier".
"Mais il est indispensable de revoir la stratégie développée dans cette région où nous n'obtiendrons pas de totale victoire militaire et où on a glissé d'une intervention des Nations unies en faveur d'une afghanisation à des opérations de contre-guérilla sous drapeau de l'Otan", estime-t-il.
"La sécurisation de nos soldats doit être assurée, elle ne l'est pas assez. L'afghanisation de l'armée est trop lente, l'économie est dominée par la drogue, le dialogue politique pour chercher des solutions durables n'existe pas", constate-t-il.
Laure Bretton, édité par Marc Joanny
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