Depuis la disparition de Kim Il-sung, le 8 juillet 1994, nous savons que la Corée du Nord est une monarchie. Une monarchie communiste, mais une monarchie puisque c’est Kim Jong-il, le fils de Kim Il-sung, qui a succédé son père. Maintenant que Kim Jong-il est mort, tout le monde se prépare à ce que Kim III, c’est-à-dire Kim Jong-un, succède à Kim II.
La monarchie nord-coréenne est d’un type un peu particulier puisqu’elle ne se présente pas comme telle. Officiellement, la Corée du Nord est une «république populaire démocratique» d’obédience socialiste dont les dirigeants sont désignés par les représentants de la nation. Si le peuple coréen a choisi le fils pour succéder au père et s’apprête à faire à nouveau ce choix, c’est au nom de son pouvoir souverain, en toute connaissance de cause et en raison des qualités exceptionnelles des impétrants. «C’est comme les Américains, ont beau jeu de faire remarquer les Nord-Coréens : ils ont élu George W. Bush après George Bush et les Etats-Unis n’en sont pas pour autant devenus une monarchie.»
Mais dans ce théâtre d’ombres orwellien qu’est devenu le dernier pré carré du stalinisme, on sait que la langue de bois règne en maître et que tout signifie toujours son contraire. Résistant courageux au temps où la Corée était sous la botte japonaise (1905-1945), parrain implacable au service du grand frère soviétique, Kim Il-sung a fini en potentat oriental, replet mais cruel, jovial mais obstiné. Dans cette ambiance byzantine, le seul qui avait tout intérêt à le soutenir et qui aurait tout perdu à le trahir était son fils Kim Jong-il. Il en fit son héritier présomptif dès 1974 et son régent à partir de 1991 avant de lui transmettre le pouvoir à sa mort. Idéologiquement hasardeuse, cette succession héréditaire était logique politiquement. Fidel Castro n’a pas agi autrement en laissant le pouvoir à son frère.
Quant à Kim Jong-il, Néron frisotté chargé de remplacer Auguste, malgré sa passion pour le cinéma, il n’a pas su (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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