Chantal Sébire n'aura pas vu le printemps. Elle refusait le suicide, elle voulait mourir "dignement" (on peut le faire en Belgique et aux Pays-Bas), elle voulait enfin en terminer avec tout ça. La France, qui rendait hommage ce jour-là au dernier Poilu, lui a refusé ce droit, à elle, qui refusait aussi d'aller mourir dans la froideur d'une chambre d'hôpital à Zurich. Zurich aurait été son Verdun. On rend hommage à un gars parti vers la mort contre son gré, mais une femme qui veut partir vers la mort d'elle-même n'aura pas la grâce de la Nation - tandis que son peuple se dit, globalement, derrière elle. Chantal Sébire a disparu le dernier jour de l'hiver, espérons que ce sera pour elle, qui sait, un nouveau printemps ailleurs.
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Euthanasie
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