Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes l'été dernier en Norvège, poussait des «cris de combat» en perpétrant la tuerie d’Utoya, a témoigné mercredi une jeune rescapée qui a dû son salut aux corps qui la recouvraient.
La santé mentale de Breivik étant la question centrale de son procès puisqu’elle déterminera son sort - l’asile ou la prison -, les témoignages des survivants sont cruciaux pour se faire une idée de son comportement pendant la tuerie.
Déclaré psychotique par une première évaluation officielle par la suite infirmée par une contre-expertise, l’extrémiste de droite de 33 ans tient à être déclaré pénalement responsable de crainte de voir son idéologie invalidée par un diagnostic.
Au vingtième jour du procès, Ingvild Leren Stensrud a expliqué qu’atteinte d’une balle à la cuisse et à l'épaule alors qu’elle se trouvait dans la cafétéria d’Utoya, elle avait fait la morte, protégée par les corps de ses camarades abattus par le tueur.
Quand les tirs se sont éloignés, la jeune fille dit avoir entendu «ce qui ressemblait à des cris de combat», sans pouvoir toutefois discerner ce qui était dit.
Puis elle a décrit les nombreuses sonneries des téléphones portables restées sans réponse sur les lieux du massacre.
Immobilisée sous un corps, elle a elle-même utilisé un téléphone portable d’une victime trouvé sur place pour informer sa famille mais n’a pas eu le cœur de répondre quand le même téléphone a sonné avec «maman» affiché sur l'écran.
«Mélange de colère et de joie»
Le 22 juillet 2011, accusant ces institutions de faire le lit de l’islam et du multiculturalisme, Breivik avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo puis il avait ouvert le feu contre un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur Utoya.
S’il reconnaît être l’auteur des deux attaques qui ont fait au total 77 victimes, Breivik a décidé de plaider non-coupable, jugeant son acte «cruel mais nécessaire».
Un autre rescapé de la cafétéria a affirmé mercredi (...)
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