Faisons preuve d'imagination en créant un ministère franco-allemand en charge de la coordination et de la convergence de l'enseignement, l'emploi, l'énergie ou la croissance économique entre les deux pays...
S’il y a bien une chose que l’amitié ne devrait pas gâter, c’est la franchise. Deux amis, ayant traversé des épreuves communes, doivent tout pouvoir se dire.
Le couple franco-allemand, qui ne porte d’ailleurs pas cette dénomination outre-Rhin (les Allemand lui préférant la «relation» franco-allemande, moins charnelle et plus neutre) est un cas typique de ces longues amitiés, où l’un des deux a réussi à prendre l’aval sur l’autre, le dernier acceptant finalement cet état de fait. La relation franco-allemande file allègrement cette métaphore de l’amitié par intérêt mais aussi par confiance. La France et l’Allemagne ont participé à un échange de bons procédés pendant près de 60 ans, mais la crise est venue bousculer cette histoire que bien des commentateurs français, sans doute par conservatisme, ne peuvent ou ne veulent réviser.
La relation franco-allemande était au début basée sur un troc; elle est devenue une relation de confiance. La France offrait à l’Allemagne un paravent diplomatique nécessaire après la seconde guerre mondiale. Car oui, l’Allemagne du Chancelier Adenauer avait saisi l’impossibilité future de s’affirmer comme un global player politique et diplomatique. Elle ne pouvait qu’offrir, tel, littéralement, un prolétaire du Capital, «ses bras et sa force de travail». Ce qu’elle fit admirablement, puisque, en position de dominance économique en Europe dès le milieu des années soixante, elle joua le rôle de stabilisateur et moteur de la croissance économique.
Ce troc fut aussi le fondement de l’Union européenne qui fut un compromis entre les désirs protectionnistes en France et l’ordolibéralisme allemand. La France et l’Allemagne en bénéficièrent de la meilleure manière.
Recentrer la coopération franco-allemande
Cet échange de bons procédés (...)
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