Depuis cet hiver, des policiers épaulent leurs homologues parisiens.
Le fourgon de police tourne depuis une demi-heure autour de la rue du Commerce (Paris, XVe), prisée par les jeunes Roumains, mais pas un seul n’est en vue. A croire que, avec son insigne «Politia romana», Gelu Manolescu leur fait peur. Cet inspecteur roumain de 34 ans est arrivé en France le 11 juin pour deux mois. Ils sont 25, déployés comme lui sur les lieux les plus touristiques, de la tour Eiffel au parvis de Notre-Dame, avec un objectif : mieux connaître les réseaux de délinquance roumaine, avec lesquels la police parisienne est souvent aux prises.
Cet hiver, une première expérience avait été qualifiée de «réussite» par l’ancien préfet de police Michel Gaudin. Les policiers roumains avaient réalisé près de «1 000 identifications»à Paris. «Ils reconnaissent tout de suite l’uniforme roumain. Depuis que Gelu est arrivé, on ne les voit plus», explique Anne Tournier, capitaine de la brigade de sécurisation et de proximité de Paris.
«Bateau». Les interpellations, dans ces patrouilles mixtes, se font forcément au faciès, même si la policière se défend de «stigmatiser qui que ce soit». Avant de s’écrier en agitant les mains : «J’en vois une, j’en vois une, vite !» Une femme âgée, fichu bariolé sur la tête, tourne aussitôt les talons, galopant malgré ses valises encombrantes. Manifestement, elle les a repérés avant de disparaître dans le dédale de ruelles qui entoure le métro aérien. Elle sera interceptée quelques minutes plus tard, surprise d’avoir affaire à Gelu Manolescu, qui engage la conversation dans leur langue natale. «Il nous permet de dépasser la barrière linguistique. Sinon, les Roms nous mènent facilement en bateau, ils nous disent qu’ils ne parlent pas français, et nous n’avons aucun moyen de coercition, explique Sébastien Sawicki, gardien de la paix. Pour eux, il incarne l’autorité, c’est dissuasif.»
Selon la préfecture de police, le nombre de Roumains interpellés a augmenté en 2011 de 50% (...)
Danger
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Roms. Repères


