A la Sécu, la pilule a du mal à passer. Le taux de substitution des médicaments originaux, les princeps, par des génériques est passée de 74% à 71% l’an dernier. Et si les génériques ne redécollent pas, cela pourrait coûter en remboursements 195 millions d’euros par an.
Selon Catherine Bourrienne-Bautista, déléguée générale de la Gemm, l’association des industriels du générique, ce recul a d’abord des causes mécaniques : «L’an dernier, certains génériques ont été déremboursés et des médicaments largement générisés retirés du marché», note-t-elle. Mais les génériques ont surtout souffert de «campagnes de dénigrement, d’autant que les médecins ne sont clairement pas assez formés. Quand les génériques ont été lancés voilà dix ans, il y a eu de grosses campagnes de communication. C’est un peu retombé, les habitudes reviennent vite. Il faut une information plus dynamique», ajoute-t-elle.
Le malaise des médicaments non substituables
Une autre explication est la présence de la mention «NS», pour «non substituable», sur certaines ordonnances, c’est-à-dire que le pharmacien ne peut proposer un générique au patient en remplacement du princeps. Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), dénonce les pressions des laboratoires pharmaceutiques sur les médecins, en particulier les spécialistes, pour qu’ils systématisent cette mention. Leur fournissant même, d'après lui, des tampons "NS" pour aller plus vite. «Les labos cautionnent la suspicion sur la qualité des génériques, alors que toutes les études montrent leur efficacité, d’autant qu’ils sont souvent fabriqués dans les même laboratoires que les princeps», explique-t-il.
«Les médecins qui utilisent systématiquement la mention "NS" sont minoritaires, reprend le pharmacien, mais il faut enrayer ce phénomène. Les patients doivent comprendre qu’en économisant grâce aux génériques, on évitera le déremboursement d’autres médicaments». Et de prôner un accord entre (...)
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