Surtout, ne nous échauffons pas. Respirons un grand coup.L’Inde a sélectionné le Rafale et souhaite entrer en négociations exclusives avec Dassault pour une commande de 126 appareils (9 milliards d’euros) ? Fort bien. Souvenons-nous juste de l’euphorie qui régnait le 7 septembre 2009 à São Paulo (Brésil) quand Nicolas Sarkozy scellait avec son homologue brésilien un «partenariat stratégique» prévoyant la commande de 36 Rafale par le Brésil, tombée depuis lors dans les limbes. Souvenons-nous encore de cette annonce fracassante, en plein salon d’armement à Abou Dhabi où Dassault était parti conquérant en novembre dernier, persuadé d’y signer une commande de 60 Rafale : après plus de trois ans de négociations serrées, les Emirats arabes unis avaient demandé une contre-offre à son concurrent Eurofighter ! Bref, saluons à sa juste valeur la bonne nouvelle que le contrat indien représenterait pour Dassault, Thales (radar et électronique embarquée), Safran (moteur) et les 1500 sous-traitants concernés, mais attendons que le contrat soit signé et le premier acompte versé pour faire des plans sur la comète.
S’il se confirmait, ce serait en tout cas pour Dassault bien davantage qu’une bouffée d’oxygène : une sortie du désert ! Développé à grands renforts de fonds publics (il équipe l’armée française depuis 2004), le Rafale n’a pour l’heure jamais été vendu à l’export et traîne cette image comme un boulet. Au passage, ce serait une bonne nouvelle pour le budget de la Défense : pour compenser l’absence d’exportations, l’Etat avait décidé d’accélérer le rythme de ses achats de Rafale. Les ventes à l’Inde pourraient ainsi être déduites des commandes imposées à l’armée française à raison de 11 appareils chaque année. Paris a prévu d’équiper ses armées de 180 avions de chasse à l’horizon de 2021.
Lyrisme. Jusqu’ici, l’avionneur est parvenu à garder un bureau d’études et des chaînes de production en état de fonctionnement uniquement parce qu’il a eu la sagesse de les rendre (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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