Comment se fondent les enquêtes d'opinion du premier tour de l'élection présidentielle publiées dimanche? En quoi sont-ils plus fiables que des sondages lambda? Éléments de réponse avec Guénaëlle Gault, de la TNS Sofres.
La polémique reste vive sur la publication des estimations du premier tour de la présidentielle avant dimanche 20h, tapantes. Mais en quoi ces chiffres, qui sont transmis des instituts de sondage aux médias une à deux heures avant leur publication officielle, sont-ils plus fiables que ceux produits dans des sondages lambda? Il existe en fait trois types d'instruments destinés à renseigner sur le vote des Français le jour J. Décryptage avec Guénaëlle Gault, Directrice département stratégies d’opinion de l'institut TNS Sofres.
1/ Le sondage de sortie des urnes, «obsolète»
La Commission des sondages a obtenu vendredi des instituts de sondage qu'ils s'engagent à ne pas en réaliser. Or, «plus aucun institut n'utilise cette technique depuis des années parce que ce n'est pas fiable et c'est trop coûteux à mettre en place», explique Guénaëlle Gault. TNS Sofres ne les pratique plus depuis 1986.
Les instituts de sondage envoient leurs enquêteurs à la sortie des bureaux de vote pour effectuer des sondages auprès des personnes qui viennent de voter. Le problème, c'est que les Français sont indisciplinés, ils ne disent pas toujours pour qui ils ont voté», estime Guénaëlle Gault. En plus, il faut interroger les personnes avec une technique aléatoire, par exemple choisir un votant sur douze quand ils sortent du bureau de vote. Mais ça demande trop de moyens et de temps pour permettre d'avoir des résultats représentatifs en à peine quelques heures».
Selon elle, l'interdiction formulée par la Commission des sondages n'a aucune utilité, si ce n'est «qu'on saura que tous les chiffres qui circuleront dans la journée ne vaudront rien»...
2/ Les estimations, «la méthode fiable»
C'est la technique la plus fiable, (...)
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