L'éducation thérapeutique est désormais bien ancrée dans le quotidien des soignants. Dans la prise en charge du trouble bipolaire par exemple, elle est intégrée au parcours de soins. Les spécialistes parlent en l'occurrence, de psychoéducation. Les explications du Dr Raphael Giachetti, psychiatre.
« La psychoéducation a pour objectif de rendre le patient plus actif », explique le Dr Raphael Gichetti, psychiatre à la clinique Aufrery de Balma, près de Toulouse. « Il doit s'approprier la démarche de soins. Les premières séances sont destinées à lui expliquer sa maladie, ses conséquences ». « Nous travaillons sur deux éléments fondamentaux. Dans un premier temps, nous lui apprenons à reconnaître ce qui le fragilise, et peut donc provoquer une rechute. Le deuxième point consiste à anticiper les symptômes précurseurs de rechute. » L'objectif est de parvenir à diminuer le nombre et l'intensité de ces dernières. « Lorsque le patient connaît les premiers symptômes d'une phase maniaque, il sait qu'il doit rechercher les soins dont il a besoin. » La prise en charge s'en trouve bien sûr facilitée, car « il est plus aisé de mettre en place les soins au début d'une crise, que lorsqu' elle est lancée ».
La psychoéducation permet également d'acquérir une bonne connaissance des différents traitements. « On apprend au patient à se familiariser avec les médicaments. Plus compétent il est plus à même de recourir à l'automédication lorsque sa situation le rend nécessaire ; en voyage par exemple ».
Des phases maniaques moins nombreuses
En pratique, la psychoéducation repose sur 8 séances. Elle s'inscrit dans un travail de groupe en présence de plusieurs patients, d'une infirmière et d'un ou deux psychiatres. « Il y a donc interaction entre les patients. C'est très positif. Cela permet de mieux comprendre sa maladie, d'en partager le vécu. Nous discutons beaucoup, nous rions parfois, nous sommes dans une relation sociale spécifique ».
Au cours des séances, les patients peuvent (...) Lire la suite sur destinationsante.com
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