Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, spécialiste en prothèses mammaires au gel non conforme, a été placé en garde à vue hier, en même temps que son ancien directeur général. Sur commission rogatoire d’Annaïck Le Goff, juge d’instruction marseillaise, les gendarmes ont débarqué peu avant 7 heures dans la luxueuse villa de la compagne de Mas à Six Fours-les-Plages (Var), achetée via les prête-noms qui contrôlaient PIP pour le compte de Mas (Libération de mercredi). La villa a été perquisitionnée en même temps que le domicile de l’ex-bras droit du patron, puis les deux hommes ont été conduits à la section de recherches de Marseille. Ils pourraient être présentés aujourd’hui à la juge.
Une arrestation tardive ?
Alexandra Blachère, présidente de l’Association de défense des porteuses de prothèses PIP (PPP), se disait «soulagée» hier. Elle espérait que Mas serait «placé en détention». Selon son avocat, Philippe Courtois, «c’est la mise en marche normale qui aurait pu être faite depuis le début de l’année. Rien n’empêchait [Mas] de quitter le territoire, il ne se sentait pas inquiété par la justice.»
Le 24 mars 2010, une semaine après une inspection accablante de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), trois gendarmes débarquent chez PIP. Ils croisent Jean-Claude Mas, qu’ils ne connaissent pas. Celui-ci, voyant marqué «gendarmerie» au dos de leurs vestes, s’éclipse. Il part quelques semaines en Amérique du Sud avant que les gendarmes puissent l’entendre, à trois reprises, entre octobre 2010 et octobre 2011. L’enquête préliminaire, bouclée en octobre 2011, doit déboucher sur un procès pour «tromperie aggravée» fin 2012, si le parquet trouve une salle à Marseille assez grande pour accueillir les victimes (2 500 plaintes ont été déposées).
Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte le 8 décembre pour homicides et blessures involontaires. Elle est instruite par Annaïck Le Goff. La vice-présidente chargée du pôle de santé (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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