Peter Harling, spécialiste de la Syrie à l’International Crisis Group, analyse le pourrissement de la situation dans le pays, où le cessez-le-feu du 12 avril est quotidiennement violé.
L’attaque d’hier sur un convoi d’observateurs de l’ONU et l’attentat meurtrier de ce jeudi marquent-ils une fuite en avant ? Autrement dit, rendent-ils définitivement caduc le plan Annan ?
La mission onusienne aurait déjà capoté s’il existait une alternative crédible. Mais le plan Annan est né, justement, de l’incapacité de la communauté internationale à se mettre d’accord sur une politique claire sur le dossier syrien. C’est, ironiquement, ce qui devrait lui donner une certaine résilience : en l’absence de plan B, autant s’en tenir au plan A, sans nécessairement y croire. Ainsi, ceux qui défendent la mission en apparence font peu de choses pour l’aider en pratique : les Russes n’exercent que de faibles pressions sur le régime, tandis que certains Etats arabes et Occidentaux accroissent graduellement leur soutien à l’opposition.
Quelles sont désormais les options sur la table pour la communauté internationale ? Le sommet Russie-Etats-Unis du 20 mai pourra-t-il servir à mettre davantage la pression sur Moscou ?
La Russie a de nombreuses raisons de préférer la survie du régime : Moscou gagne en politique intérieure à tenir tête à l’Occident. Le pouvoir russe voit d’un mauvais œil des changements dans le monde arabe, qui profitent aux islamistes, et s’inquiète des conséquences dans son environnement immédiat (notamment au Caucase et en Asie centrale). La Russie rejette aussi le principe des ingérences étrangères sur des questions internes, et veut défendre les quelques intérêts qui lui restent en Syrie. De plus, Moscou est tombé sur une vraie mine d’or en faisant obstacle sur le dossier syrien, créant une situation qui lui donne un rôle central, une visibilité extraordinaire et une «influence» qui va au-delà de ses moyens. La Russie voudra sans doute exploiter ce filon aussi longtemps que (...)
Plus de 50 morts dans un double attentat à Damas
La Grèce fait un pas vers un gouvernement «pro-européen»
Grèce : «Aucun compromis avec les partisans de l'austérité»
Transsexuels : changer, c'est maintenant en Argentine
Epidémie de choléra en Haïti : «On va droit à la catastrophe»


