Santé Dans son rapport, l'Observatoire international des prisons déplore la situation des toxicomanes
C'est une tentative d'évasion comme une autre. Les détenus français sont nombreux à être dépendants aux drogues et à l'alcool, selon un rapport de l'Observatoire international des prisons (OIP) rendu public hier (lire encadré). « Il y a beau avoir des contrôles fréquents et des équipes cynophiles, les murs des prisons sont poreux en ce qui concerne l'usage des drogues, assure Marie Crétenot, juriste qui a participé à la rédaction du rapport. La logique de pénalisation de la consommation de stupéfiants pose problème. » De fait, l'OIP déplore que des consommateurs dépendants aux drogues se retrouvent condamnés à de la prison ferme pour usage de stupéfiants. Car l'offre de soins manque cruellement derrière les barreaux.
Manque de centres de soinsPrès d'un tiers des « entrants » en prison sont toxicomanes, d'après le plan d'action du ministère de la Santé. Un chiffre énorme lorsqu'on le compare à la présence de dispositifs de soins spécialisés. Ainsi, la France compte moins d'une vingtaine de centres de soins et de prévention en addictologie au sein des 191 prisons. « On se retrouve donc avec des personnes dépendantes à l'alcool ou aux drogues, mais rien pour les soigner, poursuit Marie Crétenot. On parle souvent de réinsertion par le travail ou par les associations. Pour ce public-là, la priorité est vraiment ailleurs. » Encore plus quand on sait que les sorties sans projet de réinsertion favorisent la récidive.
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