Alors que le 1er tour de l’élection présidentielle aura lieu dans moins de 3 mois, LH2 en partenariat avec Yahoo! a réalisé une nouvelle mesure des intentions de vote des Français. Il s’agit de la neuvième vague de ce dispositif qui permet de suivre la campagne jusqu’à l’issue du scrutin, le 6 mai 2012.
François Hollande et Nicolas Sarkozy en progression, après une séquence politique marquée par des prises de parole fortes des deux principaux candidats à l'Élysée
Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, François Hollande arriverait en tête avec 34% des suffrages, soit 4 points de plus que lors de notre précédente vague, réalisée il y a trois semaines. Cette évolution apparaît comme la résultante de l’intensification de sa campagne depuis notre dernière mesure, avec son premier grand meeting national au Bourget le 22 janvier et l’annonce de son programme. Sa participation, quelques jours plus tard, à l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2, a été suivie par plus de 5 millions de Français. Le candidat socialiste semble donc avoir convaincu une partie de l’électorat, qui était en attente de propositions concrètes, et conforte ainsi sa place de favori. Notons que 72% des personnes ayant l’intention de voter pour le candidat socialiste se déclarent sûres de leur choix.

Nicolas Sarkozy enregistre également une progression, cependant moins marquée. Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu ce dimanche, un quart des Français voterait pour l’actuel locataire de l’Elysée (25,5%), soit 2 points de plus que lors de notre dernière enquête. Cette hausse dans les intentions de vote intervient après l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dimanche 29 janvier. Alors qu’il ne s’est pas encore déclaré officiellement candidat, le président de la République y a toutefois affirmé qu’il avait « un rendez-vous avec les Français » et a fait plusieurs annonces qui pourraient passer pour celles d’un candidat en campagne, notamment en matière de logement, d’emploi et de compétitivité. A noter que 76% des électeurs ayant l’intention de voter pour Nicolas Sarkozy se déclarent sûrs de leur choix.
Le statut de favori du candidat socialiste se confirme au second tour, avec un rapport de force entre les deux candidats qui demeure inchangé par rapport à notre précédente mesure. Si le second tour de l’élection présidentielle avait lieu maintenant, François Hollande l’emporterait avec 57% des voix face à Nicolas Sarkozy (43%).
Une bipolarisation de la campagne qui nuit aux challengers
Cette séquence politique a reporté - provisoirement du moins - l’attention sur les deux principaux candidats et semble avoir conduit à une « bipolarisation » de la campagne. Alors que notre précédente enquête avait été marquée par la progression des challengers, ceux-ci sont cette fois en perte de vitesse.
Marine Le Pen recueillerait ainsi 15% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, un score en baisse de 2 points par rapport à notre précédente mesure, mi-janvier. En dépit du « succès » de la candidate FN dont la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l'anonymat des parrainages des candidats à la présidentielle a été renvoyée cette semaine au Conseil constitutionnel par le Conseil d'Etat, elle a souffert d’une domination de l’espace médiatique par les deux favoris à l’élection.Elle est désormais distancée de 10 points par le Chef de l’Etat, ce qui hypothèque pour l’instant son accession au second tour du scrutin.
François Bayrou est quant à lui stoppé dans sa dynamique positive, qui le portait depuis l’annonce officielle de sa candidature. Crédité de 12% d’intentions de vote, il perd 2 points par rapport à notre dernière mesure, malgré l’annonce de son programme économique au cours de la semaine écoulée. Son socle électoral apparaît par ailleurs moins solide que celui des autres candidats.
Le candidat du Front de Gauche enregistre également une légère baisse : 7,5% des intentions de vote (-1 point). Jean-Luc Mélenchon pâtit lui aussi d’une visibilité médiatique moindre. La candidate écologiste, quant à elle, ne parvient toujours pas à convaincre l’opinion : elle est créditée de 3% des intentions de vote, comme lors de notre précédente mesure. Les autres candidats peinent à émerger.
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