PARIS (AP) — Des voyageuses hiératiques, une réunion de famille au féminin et des poupées craquantes ont rythmé samedi à Paris les présentations de prêt-à-porter de la prochaine belle saison.
Une baroudeuse dans l'âme qui ne renoncerait pas aux attributs de sa féminité, telle est la proposition de Haider Ackermann. Il faut dire qu'en matière de voyages, le créateur, né à Santa Fe de Bogota (Colombie) mais ayant grandi un peu partout dans le monde, y compris en Afrique de l'Ouest ou en Algérie, connaît son sujet.
"Bien sûr, il est question des voyages, tous les voyages: j'ai été notamment fasciné par l'Inde et cet art des voiles que les femmes portent comme personne ailleurs et qui leur sied à merveille grâce à leur grain de peau", a expliqué à l'Associated Press le créateur après son défilé.
Salomé aux sept voiles, dont les formes sont discrètement suggérées sous des amas de voilages virevoltant en camaïeux de bleus azuréens et vert gazon, alternent avec d'autres nomades plus affirmés en vestes et jaquettes de taffetas de soie aux cols et aux revers hypertrophiés.
Cintrées à la taille, mais s'ouvrant sur les bustes, ces vestes sont ornées de manches gigot froncées. Des robes kimono réinventées, des pourpoints et de jolis tops de mousseline portés sur des cuirs déstructurés complètent ce vestiaire pour grande voyageuse, décliné en carmin, fuchsia, grège, en plus de la large palette des bleu.
L'on dit souvent que la mode du duo Viktor & Rolf est une mode qui leur ressemble. Rien n'est plus vrai avec leur collection inspirée de l'univers des poupées.
Accompagné par les chanteuses du duo Brigitte, juchées sur d'immenses robes pyramide rose et noire, sur une reprise du tube de NTM et Lord Kossity "Dans mon Benz Benz Benz", les lolitas Viktor & Rolf ont présenté des modèles aux proportions exubérantes et aux détails ramenés à l'échelle d'adulte.
"Petit garçon, j'aimais jouer à la poupée, les habiller et les déshabiller", a glissé en coulisse Viktor Horsting à l'AP. "Moi aussi, j'aimais beaucoup les maquiller et les coiffer", a renchéri Rolf Snoereng.
Dessinée et pensée pour des "fashionistas"' la collection fait la part belle aux tissus raffinés: satins duchesse, tulle, gazar d'Abraham et taffetas de soie. Des matières travaillées en court pour la journée et en longueurs pour les grands soirs, et majoritairement déclinés en somptueuses robes à taille haute.
Ce monde de poupées regorge de détails à croquer, dont d'immenses réticules de croco ou des coutures apparentes surdimensionnées, en plus de seyantes mules de Plexiglas, ornées de cristaux.
Trois générations de femmes font bon ménage chez Vénorique Leroy. "C'est un peu comme si j'avais habillé les tantes austères, les mères à recaser et les jeunes filles dans une réunion de famille", a expliqué la styliste belge à l'AP.
Robes de bure et macramés, petits ensembles aux motifs zébrés sur des ensembles en matière contre-collé et micro "tops" sexy en nid d'abeille, parfois en coeur croisé, constituent cette garde-robe où l'on trouve aussi d'autres ensembles de fine maille torsadée citron, dans une palette allant des écru aux blancs immaculés, en passant par de nouveaux pastels, vert d'eau et prune. AP
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