Imaginons qu’un grain de sable vienne enrayer la mécanique du scrutin présidentiel... Que fait-on ? Passage en revue de cas de figure improbables à quatre jours du premier tour.
Dans dix-neuf jours, le résultat sera tombé. Plié. Un premier puis un second tour. Les électeurs se seront exprimés. Le Président sortant sera réélu ou un de ses adversaires l’aura battu. 20 heures, la fête ici, les mines piteuses là, les motards des télés aux trousses de la voiture du vainqueur, «coucou» par la vitre. Alternance. Ou pas. Puis, mi-mai, le Président élu entrera dans ses fonctions pour cinq ans. Ça, c’est si tout se passe comme prévu. Mais imaginons qu’un grain de sable vienne enrayer la mécanique républicaine. «Et si» ... un candidat mourait ? Renonçait ? Etait pris en otage ? La Constitution et les textes de loi ont-ils envisagé ces cas de figure hautement improbables ? Ou sont-ils laissés à l’appréciation des Sages ? Petit tour, avec des constitutionnalistes, du côté des «et si».
Et si un candidat mourait ou tombait dans le coma ou était frappé par la foudre ou était kidnappé ou...
Tous ces déplacements, ces interviews, cette pression... D’un coup, bam. Voilà un candidat qui tourne gravement de l’œil pendant la campagne officielle. Les médecins sont formels: incapable de concourir. L’article 7 de la Constitution prévoit les cas d'un décès ou d’un «empêchement» d’un candidat. Le Conseil constitutionnel doit être saisi, par le Président de la République, le Premier ministre, les présidents de l’Assemblée nationale ou du Sénat , 60 députés ou 60 sénateurs, ou 500 des élus à même de parrainer les candidats à la présidentielle. «Sans vouloir être méchant, les Sages seraient-ils saisis si jamais Jacques Cheminade était pris en otage?», glisse un constitutionnaliste, mais passons.
Si l’empêchement d’un candidat est constaté avant le premier tour, l’élection est reportée de 20 à 35 jours. «Ce qui laisse le temps à la famille politique du candidat empêché ou décédé de réunir les (...)
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