Voici trente ans, choisir l’allemand comme première langue au collège, permettait de s’assurer que ses enfants iraient dans les meilleures classes. Puis l’apprentissage du russe dans les années 1990, et maintenant du chinois, a été perçu par une certaine élite sociale, comme une chance supplémentaire pour permettre à sa progéniture d’accéder à un «bon lycée» puis à une «bonne prépa».
L’apprentissage du chinois mandarin est encore peu répandu dans l’enseignement secondaire et supérieur en France, mais il connaît depuis ces dernières années une très forte croissance. Un engouement que montrent le nombre d’inscrits en faculté et le succès des méthodes d’apprentissage. Aujourd’hui, selon les données du ministère de l’Education nationale, 20 000 élèves dans le secondaire en France apprennent le chinois. Un chiffre multiplié par plus de dix depuis 1995, et qui permet de faire de la langue de Confucius, la cinquième langue étrangère la plus enseignée en France devant le portugais ou le russe par exemple.
Une réussite d’autant plus à souligner que les moyens financiers et humains ne suivent guère. Les postes offerts aux concours ne cessent de diminuer, et selon toute vraisemblance, aucun concours d’agrégation externe ne sera organisé en 2012. Il est vrai que cette discipline ne dispose pas de syndicats puissants, capables de se faire entendre.
Au-delà d’un effet de mode, et d’un certain snobisme permettant de prononcer un exotique «ni hao» ou «xièxie», l’apprentissage du chinois répond à plusieurs aspirations.
La présence d’une forte communauté asiatique en France pourrait expliquer l’intérêt manifesté pour cette langue. La plupart des Chinois immigrés en Occident ne parlent que les dialectes des régions dont ils sont originaires, comme celle de Wenzhou. La scolarisation de leur enfant est l’occasion de leur apprendre la langue véhiculaire de leur pays d’origine.
Ensuite le dynamisme économique de «l’empire du Milieu», suffisamment souligné par les médias, (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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