Un droit, un devoir, mais aussi un plaisir. Celui d’exercer, contre tous les discours de résignation, contre le sentiment que la politique n’a plus prise sur la réalité ni d’effets sur nos vies, contre l’idée fausse «qu’ils se valent tous», la plénitude du pouvoir que détient chaque citoyen. Savourer dimanche ce plaisir sérieux de voter. Plaisir, à gauche, de porter au plus haut le score global de sa famille politique. Plaisir d’écrire, par là, le premier acte d’une alternance urgente et indispensable. Car, en dépit des mea-culpa tardifs et des tentatives désespérées de s’improviser en catastrophe «candidat du peuple», la campagne aura démontré que la droite ne pourra pas échapper à son bilan. A l’ensemble des mesures prises, ces cinq dernières années, pour rendre plus confortable, douce et tranquille la vie des plus riches et des rentiers. Les faits sont têtus et les électeurs semblent avoir de la mémoire. Ils ressentent combien le quinquennat qui s’achève restera comme celui de l’injustice sociale, érigée en principe de gouvernement et en philosophie décomplexée. Que disent les gauches, dans toute leur diversité ? Qu’il faut réaffirmer le principe d’égalité, au cœur de la devise républicaine. Que les efforts doivent être justement, équitablement répartis, plus encore en période de crise économique. Que d’autres politiques sont non seulement possibles mais plus que jamais nécessaires. Et désormais à portée de bulletin de vote.
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