Publiée ce vendredi dans The Lancet, une étude sur la mortalité imputable au paludisme jette un véritable pavé dans la mare. D'après ses auteurs, cette maladie, tuerait chaque année 1,2 million de personnes dans le monde, alors que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en comptabilise deux fois moins. A quoi peut bien être due une telle différence d'appréciation ? Explications.
Financé par la Fondation Bill and Melinda Gates, ce travail a été réalisé par le Pr Christopher Murray et son équipe, de l'Université de l'état de Washington, à Seattle. Les auteurs ont également découvert que « près de la moitié des décès dus au paludisme concernaient en 2010, des adolescents et des adultes ». En revanche, les données publiées par l'OMS dans son Rapport 2011 sur le paludisme dans le monde font état d'une très large majorité de décès (86%) « touchant de jeunes enfants de moins de cinq ans ».
A chacun sa méthode
Comment de tels écarts sont-ils possibles ? Interrogée par l'agence de presse Destination Santé, le Pr Awa-Marie Coll-Seck, directrice exécutive du partenariat Roll Back Malaria (RBM) à l'OMS, met en avant les méthodes de calcul utilisées. « Le Pr Murray a directement demandé aux communautés de lui transmettre le nombre de morts par paludisme. Cette pratique a tendance à gonfler les chiffres de la mortalité palustre. En effet, les personnes que le Pr Murray a interrogées, ne sont pas forcément des médecins. Bien souvent, elles ne sont pas en mesure de se prononcer sur la cause exacte d'un décès. C'est ainsi qu'elles auront facilement tendance à associer la présence d'une fièvre au paludisme, alors que les causes peuvent en être bien différentes. ».
De son côté, l'OMS fonde ses estimations sur des rapports fournis par les gouvernements eux-mêmes. A l'inverse de la précédente, cette méthode « a tendance à sous-estimer le nombre des décès causés par le paludisme. En effet, les personnes n'ayant pas été en rapport avec une structure sanitaire ne seront pas (...) Lire la suite sur destinationsante.com
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