Le 7 janvier 2011, Antoine de Léocour et Vincent Delory étaient enlevés au Niger dans un bar de Niamey par des terroristes d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi). Ils avaient 25 ans. Le premier, employé d’une petite ONG, devait se marier le week-end suivant. Le second venait d’atterrir pour servir de témoin à son copain d’enfance. Douze heures plus tard, ils étaient morts. Antoine d’une balle dans la tête, Vincent, le corps criblé de balles, à moitié calciné. Entre-temps, tandis qu’ils roulaient vers le nord du Mali, à Paris, au plus haut sommet de l’Etat, l’ordre avait été donné d’envoyer l’armée. Pour les libérer ? Compte tenu de la méthode choisie et des forces engagées, on peut en douter.
Il faut imaginer ces trois hélicoptères de l’armée française lancés dans le désert et ne sachant même pas que des gendarmes nigériens, lancés à la poursuite des ravisseurs, ont été pris en otages un peu plus tôt. Pour autant, pris à partie par les ravisseurs, les militaires ouvrent le feu, sans hésitation, sur les 4 x 4 bourrés de jerrycans d’essence, provoquant un embrasement général et la mort de nos deux compatriotes et de deux gendarmes nigériens. Un carnage.
La faute à pas de chance ? Nous ne le pensons pas. Sans même évoquer le risque d’une bavure, d’une rafale de balles perdues par l’armée française (ce qui semble, hélas, avoir été le cas pour Vincent), que pouvait-on espérer en intervenant de cette façon ? Que les terroristes d’Aqmi, nombreux, lourdement armés, idéologiquement formés au sacrifice, déposent les armes et se rendent sans résistance ? Sans faire de mal aux otages, sans tenter de s’en servir comme bouclier humain, choisissant de leur laisser la vie ? Etait-ce le scénario imaginé ? Quelqu’un peut-il sérieusement affirmer qu’Antoine et Vincent avaient une chance d’être libérés de cette façon ?
Si l’on peut supposer que c’est bien le président de la République, entouré du ministre de la Défense, du chef d’état-major des Armées, du chef de la cellule de (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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