Le gouvernement était prévenu: sitôt la présidentielle passée, les plans sociaux allaient s'accumuler. Air France, Areva ou PSA, et maintenant Novatrans, une filiale de la SNCF spécialisée dans le ferroutage, est sur la sellette. Revente ou liquidation, son sort pourrait être réglé d’ici deux semaines. Au total, 257 emplois sont menacés.
Jeudi, une cinquantaine de manifestants, de toutes les couleurs syndicales et de toutes les régions de France, sont venus manifester devant le ministère des Transports. Un fort dispositif policier bloquait une partie de la rue pendant qu'une inter-syndicale était reçue par les représentants du ministre.
Jeune conducteur de locomotives, Eric Etchamemby arbore le drapeau FO, la centrale syndicale où il est élu. Il est venu de Bayonne, où il travaille, « soutenir les camarades ». «L'Etat doit taper du poing sur la table, déclare-t-il. Si Novatrans disparaît, cela signifie que ce gouvernement ne souhaite pas mener une vraie politique de transport alternatif ».
«L’option la moins pire»
En 2011, la compagnie a essuyé des pertes de près de 19 millions d’euros. Les employés savaient depuis le début de l’année qu’ils allaient vers un plan social. En mars, la direction leur demande de ne pas ébruiter l’affaire dans les médias pour ne pas « faire fuir les clients ». Le conseil d’administration de la mi-avril, est soudain déplacé au 9 mai, au lendemain de la présidentielle. « Olivier Storch, le directeur financier de SNCF-Geodis, nous a alors dit que c'étaient les repreneurs qu’on allait faire fuir si on en parlait autour de nous », raconte Eric. Repreneurs dont ils ont toujours ignoré le nom, et dont les premières offres de reprise, jugées «peu sérieuses », ont été rejetées le 9 mai.
Ce jour-là, l’entreprise a été mise face à trois options : recapitalisation par l’Etat via la SNCF, reprise par un concurrent - mais lequel ? - ou liquidation à l’amiable. Cette dernière option est celle du « moins pire », car elle permettrait le (...)
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