Grogne. Des gardiens de la paix ont défilé, vendredi à Paris, pour dénoncer leurs conditions de travail.
Une nouvelle fois, 250 à 300 «policiers en colère» ont manifesté vendredi à Paris, Porte Maillot, pour soutenir leur collègue de Seine-Saint-Denis mis en examen le 25 avril pour homicide volontaire contre un fugitif armé. Ils voulaient aussi protester contre «le manque de moyens, d’effectifs et de considération».
C’est un texto qui a rameuté ces gardiens de la paix en civil d’Ile-de-France, sans l’aval des puissantes organisations syndicales comme Unité Police ou Alliance, qui ont prévu des rassemblements les 10 et 11 mai. Si les syndicats subodorent une «récupération politique» du Front national ou d’extrémistes de droite, les jeunes policiers venus «spontanément» devant le Palais des congrès se réclament de tout bord politique et sont le plus souvent encartés dans ces deux gros syndicats.
Slogan. Malgré les notes de service dissuasives ayant rappelé, la veille, l’interdiction de manifester en uniforme ou avec des véhicules sérigraphiés, les irréductibles en civil ont défilé jusqu’au barrage de gendarmes mobiles sur l’avenue de la Grande-Armée, avec un seul slogan, «Policiers en colère», et une banderole montrant un cercueil et une prison : «Flics en 2012, on exige un autre choix.» Après un face-à-face avec les mobiles aux cris de «Les gendarmes avec nous» et une Marseillaise, les manifestants ont tourné les talons.
«Nous sommes là d’abord par solidarité avec notre collègue qui se trouvait face à un danger immédiat de mort à Noisy-le-Sec , lance un équipage des Hauts-de-Seine. A partir du moment où l’agresseur a jeté une grenade et pointé son arme, fallait-il attendre ? Comme cette collègue de Bourges qui a été découpée par un sabre.» Julien, gardien de la paix depuis 2005, a déjà été «menacé par un fusil à pompe» mais a «hésité» à riposter : «J’ai pensé, si je m’en sers : quelles seront les conséquences pour ma femme, mon gosse, mon boulot ? On a le droit mais (...)
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